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Le Capital

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Déguisé en banquier, Gad Elmaleh fonce sans se retourner dans le joli mur que lui a construit Costa-Gavras.

Autour d’un écran tactile, Marc Tourneuil (Gad Elmaleh) explique à sa femme Diane (Natacha Régnier) ce qu’est une OPA. Il est tard, tous les deux sont fatigués et en grand requin des finances qu’il est, il va donc simplifier au maximum. En trois dessins, en trois petites animations, l’affaire est entendue : on vient de lui parler comme à une idiote et pourtant Diane part se coucher moins bête. Dans cette adaptation du roman éponyme de Stéphane Osmont, la vulgarisation est de chaque plan. Derrière chaque objet dans le cadre se cache la volonté du cinéaste de tout simplifier, de tout mettre à notre niveau, nous spectateurs chez qui l’usage de petits dessins est obligatoire. Blackberry, Iphone, Ipad, Sony, YouTube, webcam (…), la liste est longue de tous les "bidules" que Costa-Gavras utilise non comme placement de marque, mais comme éléments familiers nous donnant une attache au réel. Son histoire est si mal amenée – l’ascension irrésistible en temps de crise d’un banquier prêt à tout mais dont on ne sait rien -, tellement déconnectée de la réalité que le cinéaste passe son temps à filmer tous ces nouveaux écrans comme si leur seule présence suffisait à ancrer son film dans notre époque. Si rien ne marche, si le tout à l’allure ringarde de celui qui tente coûte que coûte d’être dans "le coup", de cette vulgarisation dont se gargarise le film ne naîtra rien d’autre que du vulgaire.

Le Capital va au plus simple, fait au plus vite sans se demander un seul instant si quelqu’un le suit encore. On comprend tout et rien à l’intrigue et toutes les figures qui apparaîtront à l’image – féminines pour la plupart – feront des pieds et des mains pour y exister ne serait-ce qu’un instant ; quitte pour cela à tapiner. Pour qu’une talentueuse analyste financière (Céline Sallette) intéresse Marc, il faut qu’elle passe la langue au ralenti sur ses lèvres humectées de lait. Si sa femme est très rapidement évincée – pull en laine et maquillage approximatif –, c’est que la sublime top-model (Liya Kebede) qu’il traque en jet privé à travers le monde est aussi belle qu’un paquet de stock-options. On ne s’attache à aucune de ces femmes car Costa-Gavras n’est jamais prêt à faire de son personnage principal un vrai anti-héros. Il s’amuse beaucoup trop des horreurs que commet Marc pour permettre à celles qui l’entourent d’avoir dans son écran un peu de souffle. Lorsque Diane demande à son mari ce qu’est la conjoncture, on sent dans la réponse – "Une grosse pute !" – que le cinéaste jouit de ce geste daté faussement provocateur reliant crûment fric et sexe. Alors que la première partie a tout de "la crise pour les nuls", la seconde arrive dans une confuse gymnastique à relier l’état de l’économie mondiale à ce qui se passe sous la ceinture du personnage de Marc. La conclusion est dans les deux cas la même : rien ne va plus. Ne cernant jamais vraiment les intentions de Costa-Gavras, quand Gad Elmaleh se retourne dans un dernier plan en direction du public pour lui adresser une conclusion digne du plus simpliste conte moral, on ne peut s’empêcher de penser à Obélix et Compagnie et à la phrase abrutissante qui vient y conclure chaque démonstration alambiquée : "Toi y en a compris" ?

Titre original : Le Capital

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Durée : 113 mn


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