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Fido

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Les morts se sont levés pour combattre les vivants. Zomcon, qui a vaincu ces morts-vivants, en a fait des travailleurs productifs au service de la société toute entière. Lorsque la mère de Timmy acquiert un zombie, il devient le meilleur ami de son fils qui décide de l´appeler Fido. Après ce film, on peut se […]

Les morts se sont levés pour combattre les vivants. Zomcon, qui a vaincu ces morts-vivants, en a fait des travailleurs productifs au service de la société toute entière. Lorsque la mère de Timmy acquiert un zombie, il devient le meilleur ami de son fils qui décide de l´appeler Fido.

Après ce film, on peut se demander quel est le meilleur ami de l´homme. Rex le chien fidèle ou Fido le zombie protecteur ? Tout compte, fait peu importe de savoir qui protégera la maison et s´occupera du jardin, le plus important reste qu´une famille soit soudée envers et contre tout.

Il y a deux ans était sorti sur les écrans Shaun of the dead, comédie de zombies anglaise qui, se référençant au classique La Nuit des morts vivants de Georges Romero, se permettait de nombreuses scènes parodiques et irrévérencieuses par rapport au genre. On serait tenté de dire que Fido, s´il revêt les mêmes habits que Shaun of the dead, ne s´en détache pas moins par son cynisme << rentre-dedans >> et son discours politique engagé. Sous ses allures de comédie du dimanche après-midi (dans le film les couleurs sont chaudes, les gens semblent heureux et épanouis, en bref l´accomplissement de l´American way of life), le film d´Andrew Currie tire sur tout ce qui lui semble aberrant et déséquilibré dans la société capitaliste et consommatrice.

Connaissant ses classiques, tant au niveau des films d´horreur (scènes gores hyper réalistes) qu´au niveau des comédies au discours politique radical (M.A.S.H de Robert Altman et Gremlins de Joe Dante ne sont pas loin), le réalisateur radicalise la portée de son film en s´affirmant comme le digne héritier des films anti-propagandistes des années 50. Le début du film à lui seul est un magnifique détournement des informations télévisuelles, exposant sans préambule la situation du pays envahi par les zombies. << Vous en êtes en danger mais on peut vous aider. On ne peut laisser un ennemi envahir notre pays sans réagir... >>. En à peine trois minutes, Andrew Currie pose les bases de son film en affichant sans complexe son statut de << brûlot >>. Après la guerre du Vietnam, après la guerre en Irak, les Américains livrent une nouvelle guerre au sein de leur pays, contre leur propre peuple mort mais revenu à la vie.

La portée politique du film est accentuée par son contexte des années 50. La peur de la bombe atomique, l´essor des classes moyennes, le fordisme, exemples d´un train de vie immuable si ce n´est la présence des zombies dans les tâches quotidiennes. Et c´est là que le film frappe juste. En les prenant comme citoyen à part entière, les vivants voient dans les zombies une aide qui leur est due. Mieux encore, Andrew Currie remplace les signes ostentatoires de richesse (voiture, piscine) en exposant la propriété d´un zombie comme symbole de réussite. Nous sommes alors dans le rapport maître esclave, dans l´asservissement de nos pairs facilité par l´<< Etat-tyran >>. Et le film ne devient rien d´autre qu´une critique du corps marchandise, tant au niveau des corps comme supports publicitaires, que de l´enrôlement des soldats pour la guerre ou la domination des classes aisées sur les plus pauvres.

Sous ses aspects pamphlétaires, le film est très drôle et nous offre des séquences rarement vues à l´écran. La scène du maniement des armes à l´école est délicieusement incorrecte, tout comme la mise à mort de deux garnements ou de la méchante et vieille voisine. Sans parler de l´idylle entre la mère de famille et Fido… Drôle et ludique, Fido fait réellement plaisir à voir. De par son humilité et son intelligence, le film d´Andrew Currie est à placer du côté des Panic sur Florida Beach et Homecoming de Joe Dante. A savoir des films faits par des amoureux du genre qui s´amusent à exploser les codes du susdit genre pour explorer les dissonances de notre monde.

Titre original : Fido

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Durée : 91 mn


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