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Deauville 2014 : Annonce du Festival Américain, 40 ans !

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Cette année, Deauville fête ses 40 ans de Festival Américain. Une année peut-être moins glamour que celle passée mais avec des amateurs de cinéma plus présents, un jury français éclectique et quelques visages prometteurs… Premières impressions sur les planches.

Au programme de cette édition, la Compétition. Un désir. Une envie de révéler comme chaque année de nouveaux talents, aux yeux d’un jury présidé par le réalisateur et producteur Costa-Gavras. Et il faut croire que sa présidence ne va pas manquer d’humour, « Je fais deux souhaits pour le futur : que le Festival continue encore, au moins, pour 40 ans. Et qu’un festival du cinéma français soit organisé par les Américains, chez eux, dans une ville aussi accueillante que Deauville ». À ses côtés, ce sont Jean-Pierre Jeunet, Claude Lelouch, Pierre Lescure, Vincent Lindon, Marie-Claude Pietragalla et André Téchiné.

À première vue, les films présentés ne sont pas des plus alléchants… Et pourtant, entre A girl walks home alone at night de Ana Lily Amirpour sur une vampire à Bad City, The Better Angels de A.J. Edwards sur l’enfance d’Abraham Lincoln dans l’Indiana, Cold in July de Jim Mickle et sa spirale de violence et de corruption en plein Texas, The Good Lie de Philippe Falardeau sur quatre orphelins au Soudan avec la délicieuse Reese Witherspoon, I Origins de Mike Cahill sur l’œil humain, It Follows de David Robert Mitchell où comment expliquer des visions surnaturelles après une relation sexuelle, Jamie Marks is dead de Carter Smith sur la disparition d’un jeune garçon et le manque qu’il induit, Love is strange de Ira Sachs sur un amour brisé par l’argent et l’instabilité d’une vie new-yorkaise, Things people do de Saar Klein sur un père de famille qui perd son travail du jour au lendemain et qui tombe dans l’illégalité, Un homme très recherché de Anton Corbijn sur un homme de retour à Hambourg et victime directe des séquelles du 11 septembre – avec l’excellent Philip Seymour Hoffman et la très bonne actrice Rachel McAdams (notre potentiel coup de cœur de cette édition), Uncertain Terms de Nathan Silver sur un foyer d’adolescentes enceintes à la campagne, War Story de Mark Jackson sur une photographe de guerre – avec la très talentueuse et jeune actrice Hafsia Herzi, Whiplash de Damien Chazelle sur un batteur de jazz, White Bird de Gregg Araki – attendu par tous à Deauville, sur une adolescente dont la mère disparaît du jour au lendemain, le Festival a décidé cette fois-ci de nous emmener dans un pays cinématographique de rêves, d’évasion, de passions, de changements de vie.

 


Les planches à Deauville / Photo : Stéphanie Chermont 

Qui dit Festival, dit Premières et c’est une belle sélection que Deauville nous propose cette année, avec quelques films plus attendus que d’autres. Avant d’aller dormir de Rowan Joffé par exemple avec Nicole Kidman sur un cas très rare d’amnésie, Camp X-Ray de Peter Sattler avec Kristen Stewart en militaire face aux djihadistes, The Disappearance of Eleanor Rigby de Ned Benson avec Jessica Chastain, la véritable star de ce Festival version 2014… Présenté en ouverture vendredi soir, Jessica Chastain a illuminé les Planches sans artifices. Sans citer toutes les Premières, c’est aussi Get on Up de Tate Taylor, film produit par Mick Jagger et retraçant la carrière de James Brown, qui fait son effet cette année à Deauville. N’oublions pas le film de clôture du Festival, Sin City : J’ai tué pour elle de Robert Rodriguez, avec Mickey Rourke, Jessica Alba et Josh Brolin… Une clôture dans la violence !

S’ajoute à toutes ces projections, les Docs de l’Oncle Sam et des Hommages, l’un pour James Cameron, l’autre pour Jessica Chastain – comme nous le disions, véritable star de cette édition, et encore un dernier pour Will Ferrell (L’incroyable destin d’Harold Crick, Anchorman, etc.). Et encore un dernier à Ray Liotta, 60 films à son actif. Deauville se souvient cette année aussi de Lauren Bacall… De nombreux hommages mais pour l’heure, place aux films !

Et Dieu créa… Jessica Chastain.

L’actrice à la chevelure de rêve a su créer l’admiration en ce début de Festival Américain. Premier rôle dans le film qu’elle produit en plus de jouer, The Disappearance of Eleanor Rigby de Ned Benson, Jessica Chastain joue le rôle d’une femme, d’une mère que la vie brise, que son couple secoue… Fragile, elle se réfugie chez ses parents et se confronte aux idées de sa mère – Isabelle Huppert, de son père professeur – rassurant et perturbant à la fois. De son amour, il ne reste qu’un passé d’insouciance, de sexe dans une voiture, de bonbons partagés… Et pourtant elle, seule, en souffrance, affronte ses démons. Le film est réussi par sa réalisation très douce, poétique, envoûtante. Mais il manque, par son scénario très littéraire, de force, de montée en puissance. Une belle ode à la souffrance, à la tristesse qui nous laisse parfois sur la banquette arrière…


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