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Child’s Play : La poupée du mal

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« Ok Chucky… »

Alors que Don Mancini vient de confirmer l’arrivée prochaine d’une série télévisée consacrée à sa poupée tueuse, qui s’inscrirait dans la continuité des sept films précédents et s’appellerait Child’s Play, voilà que la MGM (détentrice des droits) décide de produire un reboot de Chucky nommé… Child’s play (soit le titre du premier volet original sorti en 1988, donc). Approché par le studio pour en être le producteur exécutif – un simple nom sur l’affiche en d’autres termes – Mancini, vexé, refuse et confie à un podcast que « la MGM est en train de tout foutre en l’air » (comme si Le fils de Chucky (2004) ne l’avait pas déjà fait de manière magistrale).

 

 

Par les producteurs de Ça

Ce qui est en soi un des problèmes de ce jeu d’enfant nouvelle génération. Pour nous faire croire que chaque reboot ou remake est une nouveauté – voire une nécessité – et ne découle pas d’une absence criante d’inventivité comme nous pauvres cyniques pouvons le croire, les réalisateurs prennent du vieux et en font du pseudo-neuf en modernisant ou plutôt en actualisant le matériau de base. La poupée Brave Gars possédée par l’esprit d’un serial-killer est ainsi remplacée en 2019 par une télécommande Buddi ignorante des trois lois de la robotique. La version 2.0 de Chucky est en effet une espèce de robot connecté qui fonctionne grâce à une application pour smartphone, et peut ainsi interagir avec les autres produits de la même marque ; une sorte de poupée Google qui, niveau laideur, rentre dans la catégorie « Mais qui achète ça ?! » déjà bien représentée par Annabelle. Cette technologie de pointe ne pouvait évidemment pas cohabiter avec un quelconque rituel vaudou, peut-être trop ringard au goût du réalisateur. Actualisation, réaction : le pétage de plomb du petit Buddi est causé par un ouvrier vietnamien ; humilié par son contremaître, il décide de se venger en débridant le jouet, c’est-à-dire en l’autorisant à dire des gros mots et à être violent. Child’s play, brûlot altermondialiste où Chucky, produit de luxe assemblé par un prolétariat tiers-mondiste incarnerait la mauvaise conscience américaine ? Evidemment pas. Juste un mauvais film qui verra une énième bande de gamins venir à bout d’un machin tueur à coups d’armes improvisées et de punchlines éculées.

 

 

Mélange et confusion de genres

Dès que Chucky débarque dans la maison d’Andy, le film s’oriente clairement vers la comédie horrifique en jouant avec l’absurdité de cet adolescent de treize ans sympathisant avec un droïde trop possessif et un peu débile qui prend tout au premier degré. C’est en voyant Andy et ses copains s’amuser comme des petits fous devant Massacre à la tronçonneuse 2 que Chucky se dira que tuer des gens envahissants pourrait procurer de la joie à son meilleur ami pour la vie. Et ça n’ira pas beaucoup plus loin que cela puisque très vite le film cesse d’être (bêtement) rigolo tout en n’essayant jamais de jouer la carte horrifique. Contrairement au deux premiers volets de la franchise, Chucky n’a aucune emprise sur Andy – ici il est plutôt un gros boulet qu’une vraie menace – et les scènes gores pour être aussi paresseuses que méchamment clichés ne créent ni malaise ni angoisse. N’est pas HAL qui veut. Bien qu’il ait eu la bonne idée de ne pas tout baser sur les jump-scares, le réalisateur a clairement opté pour le ricanement qui vaut pour seule note d’intention et de traitement.

Poupée moche, scénario faiblard, mise en scène lambda, Child’s play est un autre reboot inutile aussitôt vu aussitôt oublié qui aurait pu se contenter d’une sortie en direct-to-video. Mais peut-être sommes nous passés à côté du propos latent du film car si l’on en croit le réalisateur, le scénario « fait complètement penser à une tragédie grecque. » Complétement

 

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Durée : 92 mn


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