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CANNES 2019, jours 4 et 5 : Elton John au top, Almodovar en bonne place pour sa première Palme d’Or et Claude Lelouch émouvant

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Deux journées des plus surprenantes au Festival de Cannes !

Alors que la sélection de la Compétition Officielle est cette année extraordinaire, on se surprend à voir un film grand public comme Rocketman, puis deux heures plus tard la Jeanne d’Arc de Bruno Dumont très difficile d’accès, un Claude Lelouch qui nous bouleverse et nous touche et enfin, un Almodovar à mi-chemin entre fiction et auto-fiction personnelle – peut-être sa chance de recevoir (enfin) une Palme d’Or. Et tout cela, en une seule journée.

Rocketman, un très grand film sur Elton John

Le réalisateur Dexter Fletcher a décidé de nous en mettre plein la vue ! Avec ce biopic divinement bien incarné par l’acteur Taron Egertondifficile à distinguer du vrai Elton John, on plonge dans la vie de la star internationale, de ses prestations mémorables à ses relations avec la drogue, l’alcool, la déprime. Le film est spectaculaire, très bien réalisé avec une écriture divine des personnages, des intrigues, des amours et des problèmes personnels. Un très grand film, au cinéma le 29 mai, présenté ici à Cannes en hors-Compétition. Ne le ratez pas !

 

Claude Lelouch, l’amour toujours

Deuxième suite du mythique Un homme et une femme, Les plus belles années d’une vie de Claude Lelouch revient sur ce chef-d’œuvre, à Cannes, après avoir obtenu une Palme d’Or. C’est un véritable film émotion, qui met à l’honneur ses deux acteurs, Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant. Leur amour, ponctué par des séquences du film de leur jeunesse, mais aussi de rêves, nous transporte dans un vrai cyclone romantique. C’est beau, c’est bienveillant, c’est doux, tout ce que l’on espérait voir pendant cette quinzaine au Festival de Cannes. Et là encore, le film sort le 22 mai (semaine prochaine), si vous avez envie d’un peu de tendresse, c’est le bon choix.

Douleur et gloire, Almodovar donne dans la ‘biofiction’

C’est un peu de sa vie, de ses tourments, que le réalisateur espagnol nous présente avec Douleur et Gloire, en Compétition Officielle. Antonio Banderas joue le réalisateur et les différentes étapes de sa vie, des années 60 aux années 80. Alors même si bien sûr, on apprécie le fait qu’Almodovar parle de lui, on peut vite tomber dans un monologue sans fin, une histoire bien trop égo centrée et une réalisation qui manque de piquant – ce à quoi Almodovar nous avait habitué. Petite déception mais pourquoi pas une Palme d’Or (jamais remise) cette année pour ce film très personnel… Il est déjà en salles, depuis le 17 mai.

Little Joe, des fleurs maléfiques

Sur le papier, ce long-métrage de Jessica Hausner, en Compétition Officielle, a tout pour plaire. Un scénario plutôt original : l’histoire d’une mère célibataire qui travaille et met au point une fleur capable d’apporter un bonheur extrême aux individus, se voit vite confronter à ses propres erreurs. Même si la réalisation est très soignée, avec un effort tout particulier porté au laboratoire et au côté lisse des personnages, sans failles, le film trouve ses limites. Tout est très attendu, rien ne nous surprend – sauf une scène avec un chien, la première victime de ce cirque scientifique. La réalisatrice Autrichienne tape cependant fort concernant la psychologie de ses personnages ; ils sont intéressants, perturbants et on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec notre propre condition, société et travail. C’est bien trouvé mais n’oublions pas que la Compétition Officielle présente de sacrés concurrents à cette Little Joe enivrante.

Bruno Dumont va très loin avec Jeanne

Même si l’on connaît son cinéma très spécial, original, pour ce nouveau long-métrage en Compétition Un Certain Regard, le réalisateur de Jeanette, P’tit Quinquin ou Ma Loute s’attaque à Jeanne D’Arc, qu’il s’approprie, pendant plus de 2h17. Incarnée par Lise Leplat Prudhomme, une enfant de 10 ans, Bruno Dumont vient donner sa vision de la condamnation et de l’injustice qui a frappé cette jeune fille guidée par des voix et donc jugée Sorcière. Ce film est pour un public amateur de ce genre de cinéma, très théâtral, surjoué, sur mis en scène. C’est un peu excessif mais on aime le parti pris du réalisateur qui ose, qui casse tout ce qui s’est vu jusque-là au cinéma concernant la pucelle d’Orléans. Et mention spéciale à la BO du film signée Christophe. Au cinéma le 11 septembre 2019.

Zombies, comédie et polar

Par Justin Kwedi 

Les zombies ont la côte. Après Jim Jarmush, c’est au tour de Bertrand Bonello de se jouer du folklore zombie vaudou avec son Zombie Child, pour en arpenter les ténèbres mais aussi en donner une interprétation lumineuse. L’emprise des ténèbres de Wes Craven rencontre Picnic à Hanging Rock 2.0. Toujours du côté français, Erwann Le Duc s’impose comme un digne disciple de Pierre Salvadori avec Perdrix, une merveille de comédie romantique décalée. Changement de ton avec Les Oies du lac sauvage de Diao Yinan qui signe ici un polar haletant sur fond de Chine fangeuse et de rédemption. La confirmation de la vitalité du cinéma d’auteur chinois actuel.

 

Retrouvez-nous demain avec un nouveau report en direct du Festival de Cannes, avec le film ovni de Gaspar Noé, « Lux Aeterna », le film très attendu de Céline Sciamma « Portrait d’une jeune fille en feu » et le film des frères Dardenne, « Le Jeune Ahmed ». À demain pour de nouvelles aventures cannoises sur Il était une fois le cinéma.

Crédit photo de couverture : « Les plus belles années d’une vie », de Claude Lelouch. 

 

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