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A coup sûr

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Le sexe pour les Nuls.

Le bon goût d’A coup sûr s’affiche dès les posters promotionnels : “Verticalement : parfaite, Horizontalement : peut mieux faire”. Phrase d’accroche pas du tout misogyne qui annonce d’ailleurs le programme du film, à savoir l’apprentissage déterminé d’une jeune journaliste mignonne et brillante à être meilleure au lit, après qu’un amant de passage (son dentiste, pas cliché non plus) lui a élégamment affirmé : “J’aurais baisé une limace sous anesthésie générale, c’était un peu pareil” (belle concordance des temps). Du coup, Emma lance un véritable plan d’action : elle achète tout le rayon sexologie de la librairie de la Fnac, se fait offrir des boules de geisha vibrantes par une jeune étudiante prostituée (hilarante scène de la télécommande tombée entre les mauvaises mains), applique à la lettre les conseils avisés de son frère (“Tape-toi le stagiaire”). Il y a qu’Emma est consciencieuse, qu’on lui a toujours appris qu’il ne fallait pas “rester sur un échec” (déjà à dix ans, désemparée à ski nautique, elle reprend le dessus in extremis), et que sa vie sexuelle devrait au moins être à la hauteur de sa carrière professionnelle (journaliste star d’un magazine économique, où le chef un brin graveleux propose des dossiers du genre la prostitution dans les maisons de retraite, “sous l’angle économique bien sûr”).

A coup sûr est le premier film en tant que réalisatrice de Delphine de Vigan, auteur de Rien ne s’oppose à la nuit (JC Lattès, 2011), autobiographie belle et douloureuse sur le rapport à la mère notamment. La jeune cinéaste juge bon de préciser en dossier de presse que le feu vert d’Epithète Films “est intervenu bien avant la parution” du livre, et “qu’ils n’ont donc pas essayé de surfer sur un succès de librairie”. On aurait presque préféré que ce soit le cas, cela aurait expliqué en partie la raison d’être d’un film aussi mal fichu que pas drôle, où les clichés s’enfilent comme des perles, où chaque situation découle logiquement de la précédente, sans l’ombre d’une surprise ni la moindre idée de plan ou de mise en scène. Delphine de Vigan affirme qu’elle a voulu “éviter autant que possible la vulgarité”. De fait, A coup sûr a le mérite ne pas trop l’être ; c’est aussi, bizarrement, une des raisons du naufrage, les scènes déroulées ici prêtant tellement le flanc à l’humour gras que seule une trivialité totalement assumée (comme chez les frères Farrelly par exemple) aurait pu les faire exister.

 

L’idée de la performance à tout prix dans la société actuelle (il faut être le meilleur, apporter une plus-value), si elle n’est pas neuve, est loin d’être inintéressante, et il y aurait eu matière à broder quelque chose d’autrement plus cynique, d’autrement plus percutant. Le personnage secondaire de Valérie Bonneton est à ce titre assez bien dessiné : outre le fait que l’actrice est la seule à être drôle, son rôle de femme au foyer dépressive/nunuche fonctionne bien dans une scène où elle explose, mais sans colère, et dépeint sa condition de meuble, de pièce rapportée à laquelle personne ne prête vraiment attention avec une lucidité aussi inattendue que bienvenue. Elle s’est résignée à une place de second choix : elle est l’antithèse d’Emma, et on l’aime bien plus qu’elle, horrible personnage au destin tout tracé qui range au placard sex-toys et épanouissement sexuel dès lors qu’elle trouve, suprême revirement de situation, l’amour.

Titre original : A coup sûr

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Durée : 91 mn


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