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14 kilomètres

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14 kilomètres… Un mur, immense, qui sépare le Nord et le Sud. 14 kilomètres… la distance qui sépare certains africains de leurs rêves. 14 kilomètres… au bout du voyage, l’espoir. Peut-être.

14 kilomètres… Avant la première image l’énigme est posée. Le doute plane et les suppositions vont bon train. La révélation alors ne sera que plus fracassante, que plus percutante. 14 kilomètres, c’est la distance qui sépare l’Afrique de l’Europe. Deux fois rien penseront certains ; un gouffre pour des millions d’africains qui rêvent d’échapper à la misère. Bouba (Adoum Moussa), Mukela (Illiassou Mahamadou Alzouma) et Violette (Aminata Kanta) sont jeunes. Jeunes et plein d’espoir. Ils croient en un avenir meilleur, sous le soleil européen. Un optimisme qui conduira ces trois compagnons d’ infortune à tenter l’inimaginable afin d’échapper au cauchemar de leur pays. C’est donc cet impossible périple que nous propose de suivre le réalisateur Gerardo Olivares. Une fiction qui se base sur des faits réels : car l’histoire de ce trio, des milliers d’africains l’ont déjà vécu. Les personnes qui meurent de soif dans le désert, celles qui tombent des camions et que l’on ne retrouve jamais… nulle légende urbaine dans ce récit. Il existe véritablement des êtres qui entament cette excursion longue de quelques mois, voire de plusieurs années. Et tout ceci sans garantie de succès. Car le pourcentage de ceux qui arrivent à rejoindre l’autre continent est particulièrement faible. Cruauté des éléments ; perfidie des hommes.

     

Des nuits les uns sur les autres succèdent aux nuits solitaires dans le Sahara. Le paradoxe réside dans cet isolement tragique qui naît au milieu d’une dizaine de leurs semblables. Entassés dans les couleurs de leurs drapées, sur un car, dans un bateau ; seuls dans la froideur jaunasse du désert aride et meurtrier, étouffant de n’être plus accompagnés, ne serait-ce qu’en pensée. Mais malgré la perte des forces, malgré l’abandon des faibles, une volonté farouche et presque surhumaine les pousse vers un horizon qu’ils ne pensaient pas accessible. Au-delà de cette nature hostile, l’enjeu des rencontres se fait l’écho d’une société occidentale peu avenante. Sur le chemin, les passeurs ne sont pas des transmetteurs. Ni même des alliés. Les billets sont leur unique moyen de communication, et l’empathie jamais à leur esprit n’a été présente. Vivant dans une tranquillité tronquée par des murs en bétons, ils fourvoient les autres autant qu’eux-mêmes. Une trahison assise sur un ersatz de pouvoir, signe d’une déchéance rendue encore plus cruelle devant la générosité des nomades du désert. Au milieu de ces paysages magnifiques, des familles vivent en harmonie avec ce que le Sahara peut offrir, refusant par là même toute forme d’asservissement économico-politique. Car ce qu’il y a de plus fort dans 14 kilomètres, au-delà du courage qui jaillit de chaque souffle des personnages, c’est la beauté hallucinante et presque irréelle de chaque image. Des plans comme des cartes postales, magnifiques et pourtant si cruelles.

Titre original : 14 Kilòmetros

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Durée : 95 mn


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