Pompo the cinephile

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Animer l’espoir

Bienvenue à Nyallywood, la Mecque du cinéma où Pompo est la reine des films commerciaux à succès. Le jour où elle décide de produire un film d’auteur plus personnel, elle en confie la réalisation à son assistant Gene. Lui qui en rêvait secrètement sera-t-il à la hauteur ?  

Gene aime les films. Il les aime depuis longtemps. Mais plus que les films, Gene aime réaliser des films. Qu’il s’agisse de quelqu’un traversant le trottoir au milieu de l’agitation d’une rue bondée de la ville, baigné par la lumière d’un lever de soleil d’été, ou du flux continu d’une humanité entrant et sortant d’un immeuble de bureaux, l’espoir ou le désespoir écrit sur leurs visages, il voit une scène. Partout, dans tout. Ainsi, lorsque la productrice de renommée mondiale Joelle Davidovich Pomponett, affectueusement surnommée Pompo, recrute Gene comme apprenti, Gene est fou de joie. Ça y est ! Sa grande opportunité approche enfin. Sa porte vers la renommée de Nyallywood. Même si Pompo ne produit que du trash d’action de niveau B, Gene est désireux d’apprendre le plus possible auprès des plus grands du cinéma. Et peut-être qu’un jour, il figurera parmi eux, un collègue réalisateur comme tous les autres. Il s’avère que ce jour arrive très bientôt. Pompo a un scénario : c’est l’histoire d’un directeur d’orchestre vaniteux qui perd tout, pour ensuite guérir sous les soins d’une femme, loin de la scène musicale classique. C’est une histoire à saisir pour réussir . Et Pompo veut que Gene, son apprenti banal, socialement maladroit et inexpérimenté, lui donne vie. La vie d’un film plus personnel, un film plus profond.

 

Ainsi commence Pompo the Cinephile, film dans lequel le réalisateur Takayuki Hirao propose aux spectateurs une célébration sincère des petits créateurs, cinéastes et rêveurs du monde entier, nous rappelant de ne pas nous lasser dans notre poursuite des rêves.

Pompo dispose d’un casting pour son scénario avant de le confier à Gene. Pour le chef d’orchestre D’Alberto, elle a réussi à convaincre la star à la retraite Martin Braddock . Et pour le rôle de Lily, une fille de la campagne optimiste, elle a repéré Natalie Woodward (hommage à Nathalie Wood ou à Joanne Woodward ?), tout aussi optimiste que son personnage mais totalement inexpérimentée, qui est venue à Nyallywood avec une ambition indomptable de devenir comédienne. Un casting vraiment éclectique, avec son mélange de talents anciens et nouveaux qui reflète aussi celui de l’équipe de concepteurs de ce film d’animation. D’une part,Hirao lui-même, avec des anime aussi remarquables que l’Attaque des Titans ; puis Ryoichiro Matsuo ( Dans un Recoin de ce monde), le producteur ; mais aussi Shingo Adachi (Sword Art Online ) qui apporte ici d’excellents designs de personnages.

La majeure partie de leur film se déroule dans une vue montagneuse idyllique, digne de Johanna Spyri. La réalisation de ce film vient lentement à Gene au début, mais il s’acclimate bientôt à sa nouvelle autorité et se réjouit du processus. Pendant ce temps, Natalie elle-même s’épanouit dans son rôle, jouant le rôle parfait face au personnage blasé de Martin. Le tournage lui-même s’avère une grande réussite, et cela ne vaut pas seulement pour le film dans le film. Hirao module sans effort le décor et la composition des plans pour raconter une histoire nuancée avec une profondeur subtile des personnages :  Hirao semble avoir pris à cœur les conseils de ses personnages en matière de cinéma. «Un plateau de tournage est un être vivant »,mentionne le grand-père de Pompo quelques minutes après le début du film. Le film ne craint pas de déformer les décors pour mieux mettre en valeur ses personnages. Ce long-métrage s’avère riche en citations et références au cinéma, mais ne s’attarde malheureusement pas  sur certains de ses personnages, Gene restant au premier plan, Pompo semblant parfois plus effacée.

Derrière le message optimiste et un peu trop sucré, apparaît une vision du cinéma, et notamment d’animation. Film de créateur pour l’espoir et la création, Pompo the Cinephile vous enchantera par son sujet et ses trouvailles.

 

 

 

 

Titre original : Eiga Daisuki Pompo-san

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Durée : 94 mn


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