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Ailleurs

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Ailleurs, c’est nulle part pour le personnage du film qui cherche la sortie et la solution comme dans un jeu vidéo.

Un générique qui ne comporte que son nom

Né en 1994, le jeune réalisateur letton Gints Zilbalodis, après sept courts métrages, nous livre son premier long-métrage d’animation qui a la particularité d’avoir le générique le plus court du monde puisqu’il ne comporte qu’un seul nom, le sien. En effet, pour ce premier film qui a quand même reçu une aide à la réalisation, il va travailler seul à tous les niveaux, y compris la musique qu’il composera lui-même. Autant dire que, si ce film d’animation est un véritable petit bijou, tout le mérite n’en revient qu’à lui, et à lui seul, et c’est un bel exploit. Pourquoi ce choix ? Il s’en explique aisément dans le dossier de presse du film : « J’avais en effet un tout petit budget mais je pense aussi que je manquais d’expérience pour être capable de diriger une équipe. Je me disais que faire mon premier film seul était aussi l’occasion d’explorer par moi-même tous les différents postes et les différentes étapes. » Et ce malgré un énorme travail sur trois ans, quasiment obsessionnel qu’il n’est pas près de renouveler, dit-il…

 

 

Un paysage mystérieux et dangereux

Ce premier long-métrage raconte une histoire toute simple, pas spécialement conçue pour les enfants d’ailleurs, même si le personnage principal est un très jeune homme. Tombé d’un avion dans un pays inconnu, autrement dit ailleurs terme vague s’il en est qui donnera le titre de l’oeuvre, il va falloir que ce héros sans nom et sans paroles, puisque le film est muet, tâche de s’en sortir avec l’aide d’un oisillon tombé du nid comme lui, et d’une motocyclette arrivée à point nommé. Décrit comme dans un cauchemar, le paysage – sorte de palimpseste et de labyrinthe, habillé de musiques et de couleurs pastels se présente comme un jeu de piste et c’est pourquoi le film s’emploie en fait à revoir au passage les codes du jeu vidéo, la violence et la vitesse en moins. D’ailleurs, le réalisateur ne le renie pas : « Oui, deux jeux m’ont fortement marqué : Journey et Shadow of the Colossus. J’aime aussi ces jeux vidéo indépendants, muets, où le personnage se balade dans un environnement, sans réelle direction. C’est entre une exploration des lieux et une exploration intérieure. Il y a également une tendance dans ces jeux à ne surtout pas rechercher le réalisme. »

 

 

Influencé par Cuarón et Miyazaki

De plus, ce film qui est comme le prolongement du court-métrage, Oasis, qu’il avait réalisé en 2017, est aussi un hommage au cinéma mondial puisque les plans sont conçus comme pour un film en prise de vue directe et non pour une animation. Les mouvements de caméra sont particulièrement bien visibles et la mise en scène est très expressive. Le réalisateur dit d’ailleurs s’être un peu inspiré du cinéma d’Alfonso Cuarón, mais aussi de Paul Thomas Anderson et de Martin Scorsese. Et bien sûr, s’agissant d’un film d’animation, la référence au style japonais est particulièrement évident aussi et Gints Zilbalodis ne le nie nullement : « Je crois qu’Ailleurs aurait pu être réalisé en prise de vues réelles, mais la 3D permettait de tenter encore plus de choses et d’autoriser la caméra à avoir une conscience qui lui était propre. D’ailleurs, du côté de l’animation, je me suis beaucoup inspiré de la série de Hayao Miyazaki, Conan, le fils du futur, qu’il a réalisé à la fin des années 1970. Je suis très sensible au rythme japonais, plus lent que les films occidentaux. »

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