Select Page

37e édition du festival Premier Film d’Annonay

Article écrit par

Compte rendu du Festival d’Annonay, qui s’est déroulé du 7 au 17 février.

« Pour sa trente-septième édition, le Festival du Premier Film se montre plus que jamais fidèle à sa vocation, déclare sa directrice Marianne Ferrand : la découverte de premiers films inédits, la promotion de jeunes cinéastes, la mise en valeur des jeunes talents du cinéma français, l’aide à la distribution des films en salles en France, la diffusion des œuvres auprès d’un large public de tous âges et de tous horizons, l’initiation à la pratique audiovisuelle avec le 7e marathon « le 48 heures tout court », l’éducation à l’images auprès des jeunes spectateurs, avec des actions spécifiques comme les classes de cycle 3 en immersion, la journée spéciale « Critiques en herbe » dédiée aux collégiens et aux lycéens, le jury lycéen… » Voici présenté un vaste programme qui n’est pas un leurre, dès que vous posez le pied dans cette petite et jolie ville du Nord de l’Ardèche, ce département français berceau de nombreux inventeurs – dont Marc Seguin et les frères Montgolfier – qui s’est fait honorablement connaître en 1974 avec ce qu’on appelait alors à juste titre un feuilleton et non une série, Ardéchois cœur fidèle de Jean Cosmos et Jean Chatenet. Et fidèles, on peut dire qu’ils le sont les Annonéens qui font honneur à ce festival magnifique et vibrant mis en place par la MJC en 1984 et qui, depuis, a crû et embelli jusqu’à devenir international et incontournable. Petit rappel historique nécessaire avant de passer à la programmation et à la sélection de cette 37e édition : la première édition a eu lieu dans l’ancien cinéma L’Alhambra, rue Sadi Carnot, petite salle peu propice à ce genre de manifestation. En 1985, pour la 2e édition, c’est au cinéma Les Nacelles flambant neuf alors (et où se passe encore une partie des projections en attendant le nouveau complexe cinématographique sur l’emplacement de l’ancienne MJC) que se retrouvent tous les cinéphiles. Cette fête du cinéma permet à tous de porter un regard privilégié sur cet art populaire et l’accent est mis sur la convivialité, les rencontres et les échanges. Dans ses premières éditions, le Festival propose des thématiques et/ou hommages, renouvelés chaque année :

1984 – Cinéma d’expression

1985 – Regard sur le cinéma africain – Hommage à René Allio

1986 – Autour de la Méditerranée – Hommage à François Truffaut

1987 – Cinémas à découvrir – Humour – Présence cinéma français

1988 – Cinéma de femmes – Comédies américaines

À partir de la 6e édition, le Festival devient Festival International du Premier Film et de la Jeunesse, et la commission du Festival propose aux spectateurs de participer à un prix du public. Puis la section compétitive se développe pour des premiers films venus de tous pays, avec plusieurs prix à gagner, l’idée étant d’aider à la distribution de ces films dans les salles françaises. En 1997, le Festival devient le Festival International du Premier Film.

Cette année, pas de thématique particulière sinon une journée particulière, celle du mercredi 12 février consacrée au collectif sur la parité hommes/femmes dans le cinéma intitulée 50/50 qui a permis d’organiser une table ronde avec la productrice Sandrine Brauer et la projection de films dont FilmmakErs en présence de son réalisateur Mathieu Busson, mais aussi de films réalisées par des femmes comme Les Hirondelles de Kaboul, Nevada, L’extraordinaire voyage de Marona, L’envolée, Portrait de la jeune fille en feu, Benni, Papicha, Tu mérites un amour, Adam et, enfin, Mignonnes de la réalisatrice Maïmouna Doucouré en avant-première française, un film provocant, plein de sève et touchant.

En tout, le festival du Premier Film d’Annonay, c’est 5 catégories dont les 10 films en compétition, les 15 films hors compétition France et Monde, les 5 films de la Carte blanche à RezoFilms, les 8 films de la sélection Nouveaux Visages et les 8 de la sélection « Ils sont passés par ici… » Au total pas moins de 53 films présentés, dont 10 en compétition, une sélection passionnante de films d’animation dont le désormais célèbre J’ai perdu mon corps présenté par son scénariste Guillaume Laurant, mais aussi Le voyage du prince, pour lequel le coréalisateur Xavier Picard, passionnant et passionné, avait fait le déplacement pour s’entretenir avec des classes de primaire, de collège et de lycéen lors de la journée « Critiques en Herbe » du mardi 11 février, La fameuse invasion des ours en Sicile de Lorenzo Mattoti et L’extraordinaire voyage de Marona (déjà cité) d’Anna Damian, jolie histoire sur l’amour d’une jeune femme pour un chien adopté. Inutile de dire que le festival est bien présent pour donner des coups de cœur à un public mixte entre seniors, lycéens et pas moins de 500 enfants qui, tous les matins, traversaient la place des Cordeliers avec leurs enseignants pour se rendre aux projections du grand et splendide théâtre à l’italienne d’Annonay.

 

 

Des découvertes comme Debout sur la montagne de Sébastien Betbeder présenté par son comédien principal, William Lebghil ; Nuestras Madres de César Diaz, bouleversant coup de poing sur les disparus lors de la guerre civile au Guatemala ; Séjours dans les monts Fuchun de Gu Xiaogang déjà sorti en salles mais qu’il faut voir et revoir en attendant la suite ; Give me Liberty de Kirill Mikhanovsky, film hellzapoppinesque sur le handicap ; Sympathie pour le diable de Guillaume de Fontenay sur le siège de Sarajevo avec un Niels Schneider époustouflant ; La nuit venue de Frédéric Farrucci, film d’ouverture hors compétition qui dévoile un jeune acteur non professionnel, Guang Huo, saisissant et une Camélia Jordana, vibrante, qui lui donne la réplique, et tant d’autres comme Benni de Nora Fingscheidt, ou Mignonnes (déjà cité), ou encore PoissonSexe d’Olivier Babinet, et autres merveilles qui font de ce festival convivial – avec sa cour ornée d’une baraque à frites et de deux salles de concert – le lieu incontournable de ce qui se fait de mieux en matière de cinéma mettant le focus sur les jeunes talents ainsi que le déclare Marianne Ferrand dans le dossier du festival : « Nul doute que chacun d’entre vous aura à cœur de savourer les premiers instants du Festival. Un coup de projecteur sera consacré aux nouveaux visages du cinéma français en présence de dix comédiens d’exception : Damien Bonnard, Bastien Bouillon, Jessica Cressy, Camille Claris, Jean-Christophe Folly, Thomas Gloria, Martin Karmann, Alexis Manenti, Nadia Tereszkiewicz, Maud Wyler. »

 

 

Il faudrait que le festival dure plus longtemps pour pouvoir tout voir, tout entendre, tout discuter, mais c’est la règle des festivals : on en repart comblé et un peu frustré de ne pas avoir pu tout voir. Mais, pour terminer quelques mots sur la sélection officielle et ses dix films qui étaient en compétition. Parmi eux, quatre découvertes qui n’ont pas toutes été récompensées : Kuessipan (Prix spécial du Jury) adapté du roman éponyme de Naomi Fontaine par Myriam Verreault, magnifique documentaire scénarisé sur la vie des Innus dans une réserve du Nord du Québec : bouleversant et puissant ! My thoughts are silent du jeune Ukrénien Antonio Lukich, un film innovant et d’un humour absurde inouï malheureusement pas repéré par les divers jurys. Sole de Carlo Sironi, déjà découvert au festival du Nouveau Cinéma de Montréal n’a pas été reconnu malgré ses grandes qualités plastiques et humaines. Et enfin, un Ovni en provenance du Kenya, Supa Modo de Likarion Wainaina qui a reçu le Prix du Public. Dans la sélection également, une première française slovène d’un jeune réalisateur venu de la direction de la photo, Grego Bozic, avec Stories from the Chestnut Woods ; Mickey and the Bear d’Annabelle Attanasio, déjà sorti en France, et récompensé par le Prix du Jruy Lycéen ; Jumbo de Zoé Wittock qui aurait gagné à recevoir un traitement plus fantastique ; La forêt de mon père de Vero Cratzborn qui vaut surtout pour l’interprétation d’Alban Lenoir ; L’envolée d’Eva Riley, petit film qu’on a l’impression hélas d’avoir déjà vu et revu et enfin Cutterhead du Danois Rasmus Kloster Bro, parfaitement maîtrisé et étonnant pour un premier film, auréolé du Grand Prix.

Palmarès :

Grand Prix : Cutterhead de Rasmus Kloster Bro

Prix Spécial : Kuessipan de Myriam Verreault

Prix du Public : Supa Modo de Likarion Wainaina

Prix du Jury Lycéen : Mickey and the Bear d’Annabelle Attanasio

Année :


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

Le Jardin des Finzi Contini

Le Jardin des Finzi Contini

« Le jardin des Finzi Contini » est un film sur la mémoire suspendue et le temps retrouvé. C’est une oeuvre
impérissable qui est le véritable chant du cygne du « commandatore » Vittorio de Sica. Eblouissant d’émotion contenue dans sa version restaurée.

L’Homme du Sud

L’Homme du Sud

Couronné au festival de Venise en 1946, « The Southerner » se déroule comme un ample poème élégiaque imagé sur l’’âme du Sud et son sol aride fécondant les mentalités farouches avant que la mécanisation en marche n’emporte tout sur son passage. Panthéiste dans sa conversion à la nature . En version restaurée….