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Un président de jury über classe (Quentin Tarantino), une compétition haute gamme (Aronofsky, Sofia Coppola, Abdel Kechiche…) : la 67ème édition de la Mostra de Venise, en meilleure forme que l’an passé, empiète avec bonheur sur les plates-bandes cannoises

Quelque peu décevante l’an passé, la Mostra de Venise semble à nouveau au meilleur de sa forme et de sa réputation « arty », bien décidée à piétiner les plates-bandes du festival de Cannes dont elle est l’éternel et infatigable challenger. La sélection 2010 s’articulera autour d’un questionnement intello-chic – à l’image de son directeur, Marco Müller : il s’agira de déterminer « de quels atouts le cinéma qui (avec la photographie) est à l’origine du déclin de l’« aura » de l’art moderne, peut-il encore se prévaloir ». Réponse après le visionnage de 85 films, dont 24 en compétition.

Invités de cette 67ème édition présidée par Quentin Tarantino (notons la présence d’un frenchie dans le jury : Arnaud Desplechin) : Darren Aronofsky (Lion d’Or en 2008 avec The Wrestler) qui ouvrira les festivités avec Black Swan ; Sofia Coppola (Somewhere) ; Tsui Hark (Di Renjie zhi Tongtian diguo) ; Julian Schnabel (Miral), Abdellatif Kechiche (La Vénus noire), François Ozon (Potiche) ou encore Vincent Gallo (Promises written in water).

On sera également curieux de retrouver trois jeunes réalisateurs prometteurs : l’américaine Kelly Reichardt, auteure du magnifique Wendy and Lucy, qui revient avec Meek’s Cutoff (sur le voyage initiatique en pleine montagne de trois familles d’immigrants en 1845) ; le français Anthony Cordier (Douches froides) qui présentera Happy few, son second long métrage, et le chilien Pablo Larrain, qui offre un nouveau rôle à son acteur fétiche, Alfredo Castro (Tony Manero) dans Post Mortem.

On gardera un œil également sur la sélection « Horizons » (21 films) créée en 2004 pour défricher les « nouvelles tendances du cinéma du monde » et « renforcée » cette année selon les vœux de Marco Müller : on y découvrira des longs et courts-métrages ne présentant a priori pas d’autre point commun que d’être (cinématographiquement parlant) « dans l’air du temps ». Difficile d’en dire plus sachant qu’on y croisera aussi bien Catherine Breillat (La belle endormie) que Paul Morrissey (News from nowhere)… Rendez-vous le 11 septembre.


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