Select Page

RKO : 25 chefs-d’oeuvre, un coffret des éditions Montparnasse

Article écrit par

On aurait pu publier cet article avant Noël, en vous conseillant d´offrir le coffret « Il était une fois la RKO ». Sauf que les éditions Montparnasse nous font bien plus qu´un cadeau avec cette sortie DVD : 25 films d´exception produits par le mythique studio RKO, à l´origine de chefs-d´oeuvre parmi les plus inoubliables du 20ème siècle. Un vrai petit bijou.

De grands noms dès ses débuts

Orson Welles, Howard Hawks, Alfred Hitchcock, Jacques Tourneur, John Ford… Nombre de grands réalisateurs sont étiquetés RKO (Radio-Keith-Orpheum Pictures). Créé en Californie, en même temps que le cinéma parlant, le studio témoigne ainsi de l’âge d’or du cinéma hollywoodien jusqu’à sa chute à la fin des années 50. Dès 1930, en produisant presque un film par semaine, la RKO offre ainsi de grands films tels que King Kong en 1933, qui révolutionna l’histoire du cinéma. À la fois film d’horreur et grand succès, il lancera durablement le studio sur le chemin de la réussite. Toujours dans les années 30, on (re) découvre ici d’autres films moins renommés tels que Le Danseur du dessus (Top Hat) de Mark Sandrich, film musical avec l’excellent Fred Astaire et la belle Ginger Rogers. De l’horreur au show, de la comédie au western, La RKO a ainsi su clairement se démarquer dès ses débuts par une grande variété de genres cinématographiques. 

25 films, 25 chefs-d’œuvre

25 films, 25 chefs-d’œuvre, réunis dans un coffret aussi bien destiné aux cinéphiles qu’aux simples amateurs de cette période bénie du cinéma hollywoodien. Citizen Kane, d’Orson Welles, sorti en 1941, est ainsi présenté dans une nouvelle version remasterisée. On ne se lasse pas de ce film devenu rapidement culte – souvent cité comme « le meilleur de l’histoire du cinéma » – mettant en scène un magnat de la presse de son ascension à son échec. Effets spéciaux, flashbacks, erreurs volontaires pour tromper la critique de l’époque font de ce film un collector. Le coffret comprend surtout  un autre grand film de Welles : La Splendeur des Amberson (The Magnificent Ambersons, 1942). Entre bourgeoisie et bal dansant, le réalisateur  signait cette fois encore un drame surprenant, techniquement très réussi et mettant comme peu d’autres en lumière le déclin des valeurs anciennes.
A la même époque, au moment où le studio connaît une baisse de régime, La Féline (Cat People, 1942) de Jacques Tourneur relancera avec force son activité . Superbe film, à la fois mythique et mystique, autour d’une jeune Serbe dont les fougues et les pulsions animales se révèlent après son mariage avec un Américain. Le film surprend toujours, n’ayant pris aucune ride. Film fantastique certes, mais surtout une des premières oeuvres grand public à parler de sexualité entre mari et femme. L’héroïne – jouée par la très particulière Simone Simon – incarne ainsi à la perfection une femme certes fatale, mais aussi très dévouée à son mari, soucieuse du bonheur de son couple. Bien plus qu’un film, une empreinte historique, un retour sociologique sur le mariage et le rapport entre les sexes. Le réalisateur, qui avoua pourtant sa peur des félins, signa par la suite un deuxième film pas moins frissonnant, La Griffe du passé (Out of the Past, 1947).
Du grand Howard Hawks, le coffret offre les plus belles réalisations : L’impossible M. Bébé (Bringing up Baby, 1938), La Chose d’un autre monde (The Thing from Another World, 1951) et La Captive aux yeux clairs (The Big Sky, 1952). Connu auparavant surtout pour le fameux Scarface, Hawks use dans ces trois films de son don pour mettre en relief les rapports hommes / femmes, hommes / hommes et autres conflits de genre dans des contextes souvent liés à l’histoire, l’économie et  l’industrie. Dans La Captive aux yeux clairs, en immersion dans un groupe d’indiens pieds-noirs, deux hommes s’amourachent ainsi d’une même fille, une princesse indienne. Que l’aventure et la bataille commencent…
 
La RKO, pour être synthétique, c’est aussi Soupçons d’Alfred Hitchcock, Un si doux visage d’Otto Preminger, Barbe-Noire le pirate de Raoul Walsh, Le Massacre de Fort Apache de John Ford. Autant dire qu’au travers d’une diversité de genres cinématographiques impressionnante, ces films ont révélé nombre de grands acteurs du 20ème siècle. 

Pour plus d’informations


Coffret DVD 25 disques :

1. Citizen Kane d’Orson Welles (1941, 119 min, noir et blanc, nouvelle version remasterisée)
2. King Kong d’Ernest B. Schoedsack et Merian C. Cooper (1933, 95 min, noir et blanc)
3. L’Impossible M. Bébé d’Howard Hawks (1938, 102 min, noir et blanc)
4. La Charge héroïque de John Ford (1949, 103 min, couleurs)
5. Soupçons d’Alfred Hitchcock (1941, 95 min, noir et blanc)
6. Un si doux visage d’Otto Preminger (1952, 92 min, noir et blanc)
7. La Splendeur des Amberson d’Orson Welles (1942, 89 min, noir et blanc)
8. L’Énigme du Chicago Express de Richard Fleischer (1952, 71 min, noir et blanc)
9. Le Danseur du dessus de Mark Sandrich (1935, 99 min, noir et blanc)
10. Les Diables de Guadalcanal de Nicholas Ray (1951, 98 min, couleurs)
11. Nous avons gagné ce soir de Robert Wise (1949, 72 min, noir et blanc)
12. La Féline de Jacques Tourneur (1942, 72 min, noir et blanc)
13. Elle et lui de Leo McCarey (1939, 87 min, noir et blanc)
14. Sylvia Scarlett de George Cukor (1935, 87 min, noir et blanc)
15. Barbe-Noire, le pirate de Raoul Walsh (1952, 94 min, couleurs)
16. Ça commence à Vera Cruz de Don Siegel (1949, 102 min, noir et blanc)
17. La Captive aux yeux clairs d’Howard Hawks (1952, 122 min, noir et blanc)
18. Le Récupérateur de cadavres de Robert Wise (1945, 81 min, noir et blanc)
19. Le Saint contre-attaque de John Farrow (1939, 64 min, noir & blanc)
20. Panique à l’hôtel de William A. Seiter (1938, 78 min, noir & blanc)
21. La Chose d’un autre monde d’Howard Hawks et Christian Nyby (1951, 84 min, noir et blanc)
22. La Griffe du passé de Jacques Tourneur (1947, 96 min, noir et blanc)
23. Le Garçon aux cheveux verts de Joseph Losey (1948, 79 min, couleurs)
24. La Fille de la cinquième avenue de Gregory La Cava (1939, 83 min, noir et blanc)
25. Le Massacre de Fort Apache de John Ford (1948, 127 min, noir et blanc)

Compléments

RKO, une aventure hollywoodienne
De Philippe Saada
Bertrand Tavernier, Joe Dante et Michel Ciment racontent l’histoire mouvementée du studio, de l’Amérique des années 1920 jusqu’au tournant des années 50.

Site des éditions Montparnasse 
http://www.editionsmontparnasse.fr  


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

Bandits à Orgosolo

Bandits à Orgosolo

S’il est un chef d’œuvre à découvrir promptement, c’est bien « Bandits à Orgosolo » honoré en 1961 du prix de la meilleure première œuvre à la Mostra de Venise. Oeuvre circonstancielle, directe, poignante, tournée avec des non-acteurs dans leur propre rôle de composition de bergers mutiques. Western sarde, le film dégage cette authenticité palpable et palpitante
qui ne tombe jamais dans le mélo sentimental ou compassionnel. Distribué par Carlotta en version restaurée…