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Retour sur la 7ÈME ÈDITION DU FESTIVAL DE LA BAULE

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Des familles façon puzzle, le trop rare Philippe Sarde en masterclass : impressions bauloises.

L’air du temps souffle sur La Baule.

Dans un festival, même s’il n’est pas toujours possible d’assister à l’ensemble des programmations, compétition officielle et parcours annexes, des tendances, des lignes claires se dégagent au fur et à mesure des journées. Cette édition 2021 ne fera pas partie des meilleures cuvées proposées dans la cossue citée balnéaire. Manque d’audace, d’exigence pour certains films. Mais pouvait-il en être autrement dans le contexte sanitaire qui nous empoisonne depuis dix-huit mois ? Réussir à mettre en place de telles rencontres cinématographiques est déjà un exploit en soi. Un programme trop concentré sur des productions hexagonales s’appuyant sur les codes « sécurisants » d’un certain cinéma populaire ne garantit pas toujours le plaisir spectatoriel. Depuis l’érosion de la notion de famille traditionnelle un concept scénaristique a fait florès dans la comédie  : famille recomposée = film déjanté. Un plat réchauffé accompagné de son lot de tolérance et de bienveillance. C’est quoi ce Papy ? ! (Gabriel Julien-Laferrière) remet le couvert, en multipliant les invraisemblances, les gags éculés et lourds servis par des comédiens en vacances. Bien plus nuancé, C’est la vie (Julien Rambaldi) est un film choral dans lequel la moutarde monte au nez d’une diversité de couples dans l’attente d’un nouveau- né. Quoi qu’inégal, l’ensemble tient la route grâce à des observations bien venues et des parties du récit maitrisées. La fine fleur (Pierre Pinaud) offre une famille à une créatrice de roses acariâtre qui se voit obligée d’accueillir trois désœuvrés en quête de réinsertion professionnelle.  La leçon de vie ne fait pas dans la nuance mais Catherine Frot ne manque pas de délicatesse dans son interprétation. Et le réalisateur réussit à transmettre son respect et sa passion  pour un univers où les épines peuvent blesser très profondément.

Quand la violence fait irruption dans la famille, le récit tourne au drame. Passons vite sur Music, bruyant et survitaminé parcours de rédemption pour une junkie qui doit prendre en charge sa demi-sœur autiste. Mise en scène par la chanteuse Sia qui profite ainsi de l’occasion pour mettre en avant ses tubes. Profession du père (Jean-Pierre Améris) réussit à traduire  la violence subit par un enfant qui cherche la reconnaissance paternelle. Nous reviendrons probablement sur ce film lors de sa sortie fin juillet

 

Le maître de musique

Moment de cinéma exceptionnel ce vendredi 25 juin à l’Atlantia. Philippe Sarde, le compositeur qui ne quitte que très rarement son domicile est venu livrer une petite partie de ses secrets  lors d’une masterclass animée par Stéphane Le Rouge. Les sublimes musiques au service des images de Sautet, Corneau Tavernier … de plus de cinquante ans de carrière. Mise en perspective de l’œuvre, explications de textes anecdotes de tournages, la rencontre fut intense, émouvante et drôle tant l’homme dégage une humanité rare. Le désir de progresser, d’innover dans son art reste intact et communicatif. Très émouvante surprise pour le maître lorsqu’un membre du public lui apporte un texte inédit,  celui d’une chanson pour César et Rosalie qui n’a jamais vu le jour, paroles de Jean-Loup Dabadie, écriture manuscrite de Romy Schneider.  Après ces deux heures passées en telle compagnie , comment résister à l’envie de se plonger dans un univers musical aussi foisonnant ?

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