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Rencontre avec Ewan McGregor, éternel débutant

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Dans « Beginners », ovni comico-romantique de Mike Mills, il est Oliver, un jeune quadra à la vie brusquement chamboulée par un deuil, un coming-out paternel et une actrice française aphone. Rencontre avec le boy next door d´Hollywood.

Mike Mills rêvait de vous avoir dans son film mais ne pensait pas réussir à vous convaincre. Qu’est-ce qui vous a séduit dans son projet ?

Beginners n’est pas une simple comédie romantique hollywoodienne. C’est un récit très personnel, raconté avec honnêteté. On y passe du rire aux larmes, comme dans la vie. Jamais je n’avais lu un scénario aussi juste.

Connaissiez-vous déjà son travail ?

Quand j’ai rencontré son agent sur un télésiège à Salt Lake City, j’avais déjà vu et adoré son film précédent, Thumbsucker. Il a profité du trajet pour me présenter Beginners en quelques mots. Puis Mike et moi avons pris un café à Santa Monica. Il m’a raconté son histoire personnelle, dont s’inspire le film. Ce garçon est bien plus qu’un réalisateur. Il a tourné des clips, des publicités, des courts-métrages… Et c’est lui qui a dessiné tous les croquis du film. Avant même de finir ma tasse, je savais que je voulais travailler avec lui.

Qui est Oliver, votre personnage ?

C’est un garçon sensible, un peu angoissé, qui remet sa vie en cause à presque 40 ans : il a perdu sa mère il y a quelques années et apprend coup sur coup que son père est homosexuel – et l’a toujours été – et atteint d’un cancer en phase terminale. On ne peut pas imaginer pire moment pour tomber amoureux et c’est pourtant ce qu’il lui arrive…


Beginners est donc très inspiré de la vie de Mike Mills… Comment avez-vous trouvé votre place dans ce récit ?

Il m’a fallu composer avec le caractère autobiographique de Beginners, mais le film reste une fiction. J’ai passé des heures à observer Mike bouger, parler… Je lui ai aussi demandé d’enregistrer tous les dialogues pour me familiariser avec sa voix et son rythme, sans jamais chercher à l’imiter. Il y a donc beaucoup de moi également chez Oliver.

Vous passez une bonne partie du film tout seul avec un chien. Vous ne vous êtes pas ennuyé ?

Jamais ! Cosmo, le Jack Russell qui interprète Arthur, est un acteur grandiose et nous avons beaucoup discuté. Je me suis très bien entendu avec Mélanie Laurent, dont Oliver tombe amoureux. Avec elle, je n’avais pas l’impression de jouer. Quant à Christopher Plummer, mon « père », c’est un acteur impressionnant. Je m’attendais à un choc des générations – il a 80 ans – alors que son jeu est, au contraire, ultra contemporain. Beaucoup de jeunes comédiens devraient s’en inspirer.

De quoi rêvez-vous après Beginners ? D’un film à gros budget, pour changer ?

Pas forcément. Je commence à en avoir assez des tournages interminables et je déteste patienter quatre heures dans une loge entre deux scènes. Nous avons bouclé Beginners en 6 semaines, ce qui m’allait parfaitement. Tout s’est enchaîné et mon excitation est restée intacte, ce qui n’est pas le cas quand tu dois patienter quatre heures dans une loge entre deux scènes. Les films à gros budget ne sont pas toujours les plus épanouissants pour un acteur : nos scènes sont souvent courtes, pas toujours bien écrites… Quand on travaille de cette manière, on a souvent l’impression d’être un mauvais acteur.

 

Qu’et ce qui vous séduit chez un réalisateur ?

Il faut qu’il ait un timbre particulier, que sa vision de la vie et du cinéma soit immédiatement reconnaissable. Qu’il propose un univers où je puisse plonger entièrement. Qu’il me donne quelque chose à jouer, vraiment.

Des réalisateurs en tête ?

Je ne cherche pas à contacter des réalisateurs. J’attends patiemment qu’on me propose des projets qui me plaisent. Mais je me verrais bien chez Wes Anderson. Ou chez Paul Thomas Anderson, dont j’ai adoré There will be blood. A Sundance, j’ai également découvert un réalisateur avec lequel je suis sûr que j’aimerais travailler, Drake Doremus (réalisateur de Douchebag et de Like Crazy, vainqueur à Sundance cette année, ndlr). Et puis, bien sûr, il y a ces réalisateurs avec lesquels je suis toujours prêt à repartir pour un tour : Tim Burton, Ridley Scott et désormais Mike Mills.

Que faites-vous en ce moment ?

Comme vous l’aurez remarqué, je suis très doué avec les animaux. En ce moment, je tourne Jack, the giant killer, de Bryan Singer. J’ai pour partenaire un super cheval nommé Maka et je porte une armure noire ultra classe et un pantalon en cuir magnifique !

Propos recueillis à Paris par Pamela Pianezza


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