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Quelle animation !

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Retour sur dix riches années d’animation mondiale.

De l’Amérique au Japon, en passant par la France, l’Israël ou l’Australie, la décennie 00 a montré la grande vitalité du genre animé. Entre formatage et renouvellement, innovation et retour aux techniques anciennes, blockbusters et micro-budgets, l’animation a su conquérir un public de plus en plus large, tout autant que pousser les portes des plus grands festivals internationaux. Elle n’est plus seulement un genre destiné aux plus jeunes, mais un moyen d’expression parmi tant d’autres. On parle d’ailleurs désormais moins de dessin animé que de film d’animation. A travers le monde, revenons sur les films qui nous ont fait vibrer ou bâiller et sur les grandes tendances de dix années d’animation.

L’animation américaine : la guerre du poil a eu lieu

Quel souvenir nous laisse l’animation américaine des années 00 ? Certainement l’affrontement continuel des deux géants D : Disney et Dreamworks, les deux plus gros studios de production animée au monde ; mais aussi des incroyables progrès techniques de l’animation en images de synthèse et du lent mais sûr recul de l’animation traditionnelle.

Agée de seulement quinze ans, la compagnie de Steven Spielberg a su en quelques années se hisser régulièrement aux premières places du box-office des films d’animation, et du box-office général, et ébranler la légendaire hégémonie de la firme Disney, la forçant à un renouvellement et une diversification inattendus. Dreamworks a su proposer, et vendre, au public une animation modernisée, au ton radicalement différent de celui de sa concurrente. Si l’animation est un genre familial, il l’a longtemps été dans le sens d’un accompagnement des enfants par les parents. Le film lui-même étant principalement destiné aux enfants. Dreamworks a véritablement réussi à élargir l’audience potentielle de ses films. Que ce soit pour la série des Shrek depuis 2001 (dont le quatrième tome sort en 2010), celle des Madagascar (depuis 2004) ou encore Kung-fu Panda (2008), pour ne citer que leurs plus importants succès, le film et son scénario peuvent être appréciés selon différents niveaux de lecture selon les tranches d’âges. Dans l’ensemble, le scénario est adapté aux plus jeunes, l’humour des dialogues est dirigé vers les ados et pré-ados, tandis que l’on contente les adultes par des références perceptibles essentiellement par eux. Références d’ordre publicitaire, télévisuelle et cinématographique. Ainsi, la plupart des films Dreamworks recèlent de parodies de scènes populaires et rejouent les grands moments des genres du cinéma. On ne compte plus les plans citant l’arrivée des Sept Mercenaires (J. Sturges, 1960) ou la balle de revolver filant mais interceptée par les deux doigts du héros (Matrix, A. et L Wachowski, 1999). Autre élément d’accroche : le doublage fait par les stars à la mode. Dreamworks était pionnière du genre dès Fourmiz (1998). Rien que pour Shrek, Mike Myers, Eddie Murphy, Antonio Banderas et Cameron Diaz se bousculent au portillon. Le phénomène s’est depuis propagé dans les pays étrangers où le doublage dans la langue du pays est assuré par des stars locales.
 

   
Shrek 2 vs Le Monde de Nemo, cinéma référencé contre spectacle familial ?
 
Mais que dire des qualités techniques chez Dreamworks ? La majorité des productions sont en images de synthèse. Les années 00 resteront sans doute en mémoire comme celles de la guerre du poil. En effet, le perfectionnement technique a permis de rendre à l’écran le mouvement bien plus perceptible dans ses infimes variations. Chaque studio aura ainsi fait la course au réalisme des mouvements corporels le plus poussé : doigts, yeux, cheveux et poils en tout genre représentaient un véritable cheval de bataille. Les progrès techniques ont ainsi permis de passer des films essentiellement à base d’animaux, à des films où la figure humaine est omniprésente. Monstres & cie (2001) est un véritable symbole chez Pixar qui poursuivit avec Le Monde de Nemo (2003) et Les Indestructibles (2004) ; c’est aussi le cas dans une moindre mesure chez Dreamworks avec la série des Shrek.

Si l’animation Dreamworks est de qualité, elle est largement surpassée par le travail exceptionnel de Pixar au sein de Disney. Sûr de ses capacités, Pixar n’a pas hésité à changer systématiquement d’univers à chaque nouvelle production perfectionnant sans cesse la technique et offrant des films de grande qualité. On se souvient des poils vibrants de Sullivan, le héros de Monstres & cie (qui ferait presque oublier l’extraordinaire variété des effets des autres personnages et décors), les magnifiques fonds marins du Monde de Nemo, le Grand Ouest américain de Cars (2006), le rendu des textures de Ratatouille (2007) et l’éblouissement devant la terre/décharge de Wall-E (2008). Fort de sa supériorité technique, Pixar a aussi démontré une inventivité du scénario. Si l’on peut noter une légère baisse de qualité scénaristique depuis Cars (Wall-E mis à part), le studio a su développer ce qui doit compter parmi les plus belles productions Disney. Les Indestructibles peut même être considéré comme l’un des plus beaux films de ces dernières années. Tant par ses qualités techniques (rendu des pouvoirs des personnages, beautés des paysages et de l’architecture), que par la richesse de son scénario (questionnement sur le super héros à l’heure de la frénésie des adaptations de comics, rôle de la presse sur la transmission de l’information…) et de sa réalisation, le film marque véritablement un pas dans l’animation. Le spectacle Pixar est lui aussi familial, mais davantage dans la tradition des classiques Disney. Si leurs films rassemblent largement la famille, c’est réellement par ses qualités techniques et scénaristiques, plutôt que par un cinéma référencé ou un humour qui « pète et qui rote » propre à Dreamworks.
 

    
L’incroyable beauté de l’animation Pixar : Le Monde de Nemo et Les Indestructibles
 
Face à la qualité de son département d’animation par images de synthèse, les autres productions Disney paraissent bien ternes. Pourtant le rythme des sorties est soutenu. En moyenne, deux par an (sans compter les films sortant directement en DVD). De la quantité, mais une qualité qui laisse souvent à désirer. Beaucoup de suites (Peter Pan II, Bambi II, Cendrillon II et III…) ou encore l’épuisement des personnages secondaires de Winnie l’Ourson (Porcinet, Tigrou et Petit Gourou y sont passés. Quel sera le prochain ? Coco Lapin, dégôuté de voir son potager continuellement détruit par ses amis, quittant la Forêt des Rêves Bleus ?). Disney semble n’avoir pas su allier qualité technique et bon scénario. Pire, bon nombres de productions donnent la troublante impression d’un décrochement entre l’arrière plan de l’image (les décors) et le premier plan (les personnages). Si les décors et paysages sont souvent très beaux (Atlantide, l’empire perdu ou La Planète au trésor par exemple), l’animation des personnages est beaucoup plus rudimentaire. Il est d’ailleurs difficile de comprendre cette persistance dans la représentation des doigts carrés à longueur de productions. Ce collage malhabile des personnages sur le fond nuit à la qualité des films. Peu de productions auront brillé par l’intelligence de leur scénario. Une amélioration est bien perceptible dans les récentes productions telles que Bienvenue chez les Robinson et surtout Volt mais le reste n’est guère mémorable. La seule véritable réussite est incontestablement Kuzco, l’empereur mégalo (2000). Si l’animation est sans grand relief, l’humour du scénario conjugué aux personnages extrêmement réussis offrent des séquences cultes. Les autres productions font état d’un manque général d’inspiration et de la répétition de schémas bien ancrés et peu satisfaisants aujourd’hui. En pleine crise de conscience, Disney annonce en 2004 la fin de l’animation traditionnelle au sein du studio avec le raté La Ferme se rebelle. Ils ont depuis fait machine arrière avec La Princesse et la grenouille sorti en ce début 2010.

Hors des deux géants D, que se passe-t-il ? Il existe d’autres propositions, mais elles sont peu nombreuses. Il est évidemment difficile pour les autres studios de faire face à la puissance commerciale des deux D. La série L’Âge de glace a réussi en trois tomes à conquérir un large public depuis 2001. Se situant à la rencontre des deux studios, entre spectacle familial et redynamisation du genre, la qualité de l’animation n’est pas des plus enthousiasmantes. Les studios Aardman ont été plébiscités pour trois films durant la décennie : les magnifiques Chicken Run (2000) et Wallace et Gromit, le mystère du lapin garou (2005), animation en pâte à modeler, et l’affligeant Souris City en images de synthèse en 2006. Leur accord de partenariat exclusif conclu avec Dreamworks a pris fin en 2007, date à laquelle Aardman a rejoint Sony pour trois ans. Poursuivant une oeuvre originale et prolongeant son travail de réalisateur, Tim Burton a aussi produit plusieurs films d’animation durant la décennie. Des Noces funèbres (co-réalisé avec M. Johnson, 2005) et Numéro 9 (S. Acker, 2009), l’univers poétique et macabre de Burton infiltre ces dessins animés. S’ils sont de qualité, il faut tout de même avouer que l’effet de surprise ressenti face à L’Etrange Noël de Monsieur Jack (H. Selick, 1993) est désormais absent. On se retrouve en terrain connu et, au même titre que les grands studios, ce sont les mêmes recettes pour les mêmes effets qui sont reproduits de films en films. Notons tout de même le très réussi Coraline (H. Selick, 2009) qui tant par son scénario que par sa beauté visuelle a su enchanter le public.


La poésie Aardman : Wallace et Gromit, le mystère du lapin garou
En 2010, la guerre des studios continue. Dreamworks sort l’artillerie lourde avec Shrek IV et Pixar réplique avec Toy Story III, qu’on espère aussi bon que ses prédécesseurs. Cette guerre est toutefois à tempérer. En effet, depuis 2009, c’est Walt Disney Studios Distribution qui distribue les films Dreamworks. Disney participe aussi au refinancement de sa « concurrente ». A quelles nouveautés techniques devons-nous nous attendre en cette décennie naissante ? Depuis déjà deux ans, les expériences de cinéma en 3D se multiplient à grande vitesse. On ne peut pourtant pas parler de véritable nouveauté. La 3D telle qu’elle se pratique aujourd’hui est héritée des années 50 et de la volonté de concurrencer la télévision. Nombre de films d’horreur de l’époque sortaitent en 3D et Hitchcock tourna son Crime était presque parfait pour des projections 3D. Il devrait aussi falloir compter avec la motion capture, technique qui permet de capter les mouvements d’un élément réel pour les renvoyer dans un univers virtuel, développée à la demande Robert Zemeckis par Sony Imageworks pour Le Pôle Express (2003) et récemment remis à l’honneur par le même Zemeckis avec Le Drôle de Noël de Scrooge et surtout par James Cameron dans Avatar. A dire vrai, la décennie 2010 sera technologique ou ne sera pas.

Hayao Miyazaki. A travers le miroir ou face à lui ?

En 2002, une petite fille pleurnicheuse devient grande devant près d’un million et demi de spectateurs français. L’aventure qu’elle va vivre, gamins et adultes y sont conviés. Les uns s’émerveillant face à une grenouille bien bavarde, devant toutes les promesses d’un monde magnifique et terrifiant. Les autres, plus encore que de retrouver leurs yeux de gosses, redeviendront enfants pendant les deux heures du film. Tout y est si grand, si démesuré, que l’âge importe peu : comme Chihiro, tout le monde lève la tête pour ne pas rater une miette de son voyage. Si Miyazaki n’était pas un inconnu lors de la sortie en salle du Voyage de Chihiro, ce film est sans doute sa plus grande réussite, celui avec lequel il va enfin se faire un nom hors des frontières japonaises et des cercles fermés occidentaux. Sa très bonne réception en salle verra toutes les années 2000 durant, réexploitation (Mon voisin Totoro en 2002), redécouvertes (Le Château dans le ciel en 2003, Kiki la petite sorcière en 2004, Nausicaä de la vallée du vent en 2006) et présentations de nouvelles oeuvres (Le Château ambulant en 2005 et Ponyo sur la falaise en 2009). L’épique Princesse Mononoke nous étant arrivé pendant l’année 2000, pas moins de huit films de Miyazaki ont investi les salles obscures françaises ces dix dernières années. Si l’indigestion était à portée de rétine, appuyée par un merchandising bien huilé, ces années rendirent plus cohérente encore l’oeuvre du réalisateur.
 

Etre une jeune femme sous les traits d’une grand-mère : Le Château ambulant
Le terme de "conte initiatique" utilisé à tout va, prend pourtant réellement tout son sens chez Miyazaki. Tout comme Alice, Chihiro mais aussi Sophie, Nausicaa, Kiki, Sheeta, Pazu, Sôsuke, Ponyo, seront les héros d’une quête qui aussi loin qu’elle va les mener, n’aura d’autre but que de les sortir de l’enfance et de leur donner un nom, une identité. Les premières choses que l’on prend à Chihiro après qu’elle ait traversé le miroir, sont ses parents et son prénom. Sans adultes pour l’entourer, c’est seule qu’elle devra s’affirmer en tant que personne et plus encore que sauver ses parents, se sauver elle-même. Le père de Mon voisin Totoro lui, bien présent, interagit avec le monde imaginaire de ses filles, les croit et voit comme elles les bestioles qui vivent dans la forêt voisine. C’est par cette croyance aveugle en l’imaginaire de ses enfants que le père les protège d’un monde bien trop dur pour eux (la maladie de leur mère qui flotte continuellement au-dessus de leurs vies). Contrairement à Mon voisin Totoro, le père et la mère de Chihiro ne voient rien des rêves de leur fille. Le tournis, le vertige que Miyazaki parvient à insuffler à son film, est celui d’une enfant perdu dans un monde nouveau grouillant de visages inconnus, de marches trop grandes à franchir. Sophie dans Le Château ambulant est déjà une adolescente quand un sort la transforme en vieille femme. Mais une adolescente renfermée, si peu sûre d’elle. Son incroyable voyage, la chance que Miyazaki lui donne en l’obligeant à se redresser malgré le dos courbé de sa fausse vieillesse, la verra renaître, belle, heureuse et femme. Fil rouge de toute la filmographie du réalisateur japonais, la quête d’identité chez Miyazaki est cruelle mais généreuse. On enlève tout à ces enfants mais, ce qu’on leur offre en retour est si beau, que des épreuves passées, même les plus dures, se dégage une douce mélancolie.
 
Il va bientôt falloir se lever : Le Voyage de Chihiro
 
Cette recherche d’identité, d’autres réalisateurs japonais s’y sont intéressés durant ces dix dernières années. De façon plus brutale, moins facile à appréhender dans leur mise en images, mais tout aussi obsessionnelle. Ainsi, dans Innocence (2004), la suite de son Ghost in the shell, Mamoru Oshii continue de remettre en question l’identité personnelle de ses personnages. Multinationalités, sexe hybride, hommes comme femmes ne peuvent se raccrocher à quoi que ce soit. L’intrigue n’est qu’un décor accueillant les doutes de chacun et leur quête identitaire. Satoshi Kon également, qui avait clos le XXe siècle avec l’histoire schizophrène de la chanteuse Mima prise au piège de Perfect Blue (1999), ne cessera durant les années 2000 de s’interroger sur notre image. Ce qu’elle projette et comment nous, nous nous imaginons. Millenium actress (2001), l’incroyable série Paranoïa agent (2004) et surtout le démesuré Paprika (2006), qui semble trop vivant pour rester gentiment sur la pellicule, continueront là où Perfect Blue s’était arrêté. A l’ère de la surconsommation d’images, Kon s’interroge sur les liens étroits entre réel et imaginaire. Et si nos rêves étaient plus réels que la réalité?  Et si l’image que les autres ont de nous était la plus forte ? Loin d’être des voyages solitaires renfermés sur eux-mêmes, les films de Miyazaki voient également leurs personnages se confronter au regard des autres, à leur jugement. On n’attend pas moins de la princesse qu’elle sauve le monde, du moins, une certaine vision du monde dans Nausicaä de la vallée du vent. Chose qu’elle fera et qui mettra un terme à sa quête initiatique. De même que Sheeta et Pazu qui lutteront dans Le Château dans le ciel contre l’industrialisation trop rapide et trop ravageuse de leur planète. Les héros de Miyazaki, bercés par le rêve, sont pourtant toujours ancrés solidement dans le réel et ne peuvent grandir qu’en se confrontant à lui. Et lui, c’est aussi l’autre, le sexe opposé. Chihiro rencontrera Haku, Sheeta combattra avec Pazu, Sophie aimera Hauru… Et qu’est-ce qui fait pousser les jambes de Ponyo si ce n’est Sôsuke dans Ponyo sur la falaise ? Chacun de ses plans semble nous le rappeler, cesser d’être un enfant chez Miyazaki, c’est également accepter d’aimer et d’être aimé. Une bien belle façon de grandir.


Le cinéma d’animation français : années 2000, années poétiques ?

Loin du combat des titans qui se joue aux Etats-Unis, le cinéma d’animation français se porte bien et canalise des sensibilités parmi les plus originales du “septième art bis” du nouveau millénaire.

Première sur le marché européen et troisième sur la scène mondiale, la France s’est imposée depuis la fin des années 1990 comme l’un des acteurs majeurs du genre animé. Si l’habileté de ses animateurs et la qualité de ses studios est reconnue jusqu’aux Etats-Unis – Dreamworks et Pixar n’hésitent pas à débaucher les talents des Gobelins, de Folimage ou du Pôle Image d’Angoulême – c’est sans doute sur un autre plan que se distingue l’animation à la française.
La chute de Disney (dont la part de marché est passée de 95% à 55% entre 1995 et 2005) a permis aux canons caricaturaux qui avaient cours jusque-là de voler en éclats, favorisant ainsi l’émergence d’une concurrence saine et source d’émulation. En 1998, le succès commercial de Kirikou et la sorcière, du magicien Michel Ocelot, a donné suffisamment confiance aux producteurs pour lancer le développement de nombreux projets originaux.

Longtemps mésestimée, l’animation a su se diversifier, tant dans la technique (silhouettes découpées, images de synthèse, motion capture, etc.) et le registre (comique, fantastique, politique, dramatique) que dans les thèmes abordés et les prises de position beaucoup plus affirmées, conquérant ainsi de nouvelles catégories de spectateurs, qu’il s’agisse – en schématisant – des petits et tout-petits (U, T’choupi, Azur et Asmar), des adultes (Les Triplettes de Belleville, Peur(s) du noir, Persepolis) ou des jeunes (Lascars).
Ce pari d’un public plus ciblé et d’univers graphiques très forts et poétiques est sans doute ce qui a permis à l’animation française de s’illustrer, et ce dès les années 1970/1980 (on pense notamment au très beau Le Roi et l’Oiseau de Paul Grimault).
 
 

                                   
Peur(s) du noir – 2008   et  Lascars, pas de vacances pour les vrais gars – 2009
Dans les années 2000, deux films font événement : Les Triplettes de Belleville, qui marque également le retour du long-métrage d’animation au Festival de Cannes (après trente ans d’absence…) et Persépolis, Prix du jury à Cannes en 2007. Et pourtant ! Alors que “la guerre du poil” fait rage outre-atlantique, deux films d’auteurs réalisés principalement en images de synthèse 2D s’assurent un beau succès critique et une forte affluence dans les salles obscures !
L’avenir de l’animé devra sans aucun doute compter avec la richesse et la diversité de l’animation française mais cette nouvelle décennie ne sera certainement pas exempte de défis (course à l’innovation technique, formatage des sujets et des modes de narration, apparition de nouveaux concurrents).

Et les amateurs du genre ne sont pas sans savoir que les artistes français ont de talentueux homologues un peu partout dans le monde au-delà même des Etats-Unis ou du Japon. L’Australie a notamment bien retenu les leçons du studio Aardman, son esthétique “pâte à modeler” et sa technique du stop motion, en proposant en 2009 l’ambitieux et touchant Mary and Max et l’existentialiste Le Sens de la vie pour $9,99, en coproduction avec Israël, d’où vint en 2008 le magnifique Valse avec Bachir, un film qui osait questionner les relations entre fiction et réalité et l’ambition cathartique du récit.

 

           
Les Triplettes de Belleville
– 2002                       Persépolis – 2007                                                             U – 2005
Peu considéré au XXe siècle, c’est pourtant du cinéma d’animation qu’est venu dernièrement le salut du septième art, tant au niveau de la reconquête du grand public, de la reconnaissance critique que de l’apport technique au cinéma en prises de vue. Et parce que l’on croit que l’on n’a encore rien vu et que le meilleur reste toujours à venir, voici dix raisons de se réjouir pour les années à venir :

Fantastic Mr Fox, sortie le 17/02/10 : quand Wes Anderson se met à faire parler des animaux…
Le Chat du Rabbin, sortie le 16/06/10 : la transposition très attendue de la BD best-seller
Toy Story 3, sortie le 14/07/10 : la suite très attendue des aventures de Woody et Buzz l’éclair
L’Illusionniste, sortie 1er semestre 2010 : Sylvain Chomet met en scène un scénario original de Jacques Tati
The Futurological Congress : Ari Folman adapte une nouvelle SF de Stanislaw Lem
Le Magicien d’Oz : une adaptation ambitieuse signée John Boorman
Pirates ! : une histoire de pirates, de Charles Darwin et de chimpanzé et le retour du studio Aardman sur les écrans
Arrietty borrows everything : le prochain poème d’Hayao Miyazaki
La Nuit des enfants rois : cette adaptation du roman très sombre de Bernard Lenteric utilise une nouvelle technique d’animation, rendant les expressions faciales beaucoup plus réalistes
Un Monstre à Paris : après s’être chargé de Gang de requins, le français Eric Bergeron est de retour au bercail pour une histoire mêlant fantastique et comédie


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Prototype matriciel du «noir procédural», «La cité sans voiles» fraye la voie vers un courant néo-réaliste semi-documentaire issu de l’immédiat après-guerre. Drapée sous une chape nocturne, la métropole new-yorkaise bruisse de mille faits divers crapuleux. Le jour venu, à l’été 1947, la brigade des homicides dont le bureau est la rue, bat le pavé brûlant des artères populeuses pour les élucider.