Par suite d’un arrêt de travail…

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Dans « Par suite d’un arrêt de travail… », Frédéric Andréi raconte l’itinéraire strict de deux hommes voués à parcourir la distance Paris-Rome, un itinéraire marqué par une suite de situations souvent inconfortables.

Par suite d’un arrêt de travail… est une histoire qui suit l’évolution de deux personnages très différents, dans une France dans le chaos.
L’un, Marc (Patrick Timsit), est un cadre sans histoires ; marié, il ne vit que pour la réussite sociale. L’autre, Vincent (Charles Berling), est un baroudeur mystérieux qui semble fuir la société, ou plutôt une vie posée avec femme et enfants. Très différents, tous les oppose. L’on ne peut dès lors que comprendre les situations de conflits qui surviennent régulièrement. Et pourtant, tout au long du film, des similitudes apparaissent chez ces hommes, qui induiront un retournement de l’opinion que l’on se faisait à leur sujet. Ce qui apparaissait prévisible ne l’est finalement plus… Le cadre souhaite se libérer, le baroudeur souhaite se fixer.

Comme dans tout road-movie, la "trajectoire" (qui doit emmener les héros vers un même but) est ici d’une importance capitale. Le metteur en scène s’est d’ailleurs beaucoup amusé à développer les symboliques contemporaines que ce terme induit. Frédéric Andréi se moque ainsi de la confiance aveugle et naïve qu’ont les individus dans les technologies modernes : si le GPS de la Mercedes de Marc décrit une ligne droite confortable entre Paris et Rome, celle-ci va être évidemment déviée par des événements imprévus dans une France chaotique (une grève des cheminots, des routiers, des agriculteurs, etc.). Ainsi le trajet s’allonge-t-il peu à peu, tout comme le temps qui paraît altéré.

Sur ce trajet, les deux hommes vont découvrir le véritable objectif de leur vie : dénoncer l’égoïsme de l’homme moderne, et le manque de communication entre les êtres. Néanmoins, la mièvrerie à laquelle on aurait pu s’attendre est absente de ce film. Le film plonge dans une mélancolie contemplative plutôt agréable.

Notamment avec une séquence qui, au centre du film, amène le début d’une amitié: les deux hommes, désespérés, égarés au milieu de nulle part et sans véhicule, se retrouvent séparés par le lit d’une large rivière. Tous deux marchent de leur côté, tout en se disputant. Puis vient l’instant où il leur faut se quitter à nouveau. Marc refusant de parcourir à la nage les quelques dix mètres séparant les deux rives, Vincent décide d’aller chercher de quoi l’aider à traverser. Très vite, il est cependant rejoint par Marc qui, fier de lui, lui présente des vêtements secs. Pour seule explication, Marc lui annonce : "J’ai sauté". Cette phrase restera le secret de ce héros peureux, face à l’aventurier frustré, et donnera ainsi une dimension quasi christique à cette traversée des eaux.

Par suite d’un arrêt de travail… est une comédie française comme il y en existe beaucoup. Soit. Mais c’est un film qui ne suit pas pour autant la route habituelle de la médiocrité que l’on peut constater dans la plupart des comédies de ce type, bien souvent trop prévisibles.

Titre original : Par suite d'un arrêt de travail...

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Durée : 85 mn


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