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Mondrian, de son atelier au Centre Pompidou

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En parallèle de la rétrospective au Centre Pompidou consacrée à Piet Mondrian et le « mouvement » De Stijl, François Lévy-Kuentz propose un documentaire-fiction retraçant le parcours intellectuel et artistique de l´artiste.

Du bleu, du rouge, du jaune et du blanc. Des lignes verticales et horizontales noires, représentatives de la masculinité et de la féminité. Une quête de la perfection géométrique, une intuition, un rythme. Pour ceux qui ne le connaissent pas, une toile facile à reproduire, soi-disant. Derrière ses compositions asymétriques, Piet Mondrian exprime son sentiment vis-à-vis de la société. Sa vision de la nature est quasi-tragique, son éloignement de l’individualisme le pousse à défendre une position universelle. Une harmonie généralisée se dégage des toiles de l’artiste dès ses débuts en peinture, où Mondrian lance un regard nouveau sur l’art et son impact auprès de chacun.


Une mini révolution dans le monde de l’Art

La rétrospective «Mondrian/De Stijl» au Centre Pompidou met en lumière pour la première fois depuis plusieurs années le travail d’artistes à l’origine d’une pensée moderne, inspirée d’une réflexion groupée disposée à donner une nouvelle vision de l’art. L’exposition se présente en trois temps : l’origine du mouvement De Stijl, au centre un focus sur Mondrian et ses années parisiennes, pour terminer sur le mouvement et l’architecture. D’après le documentaire-fiction de François Lévy-Kuentz et en parallèle avec l’exposition du centre Pompidou, le "mouvement" de Stijl mené par Theo Van Doesburg est compris comme la réunion des théoriciens et des praticiens autour d’idées communes et jusque là jamais proposées. L’art doit évoluer en parallèle de l’Homme. Avec des images d’archives et une reconstitution de l’atelier de Mondrian, les réunions avec les membres du "mouvement" de Stijl ainsi que des photographies des artistes théoriciens, le documentaire revient sur l’impact de ce groupe de travail sur Mondrian et ses toiles, ainsi que la place de Mondrian, d’un point de vue humain et social, auprès de ces intellectuels.

Malgré son appartenance à un mouvement artistique, Dans l’atelier de Mondrian révèle la solitude de l’artiste, incapable d’accueillir une famille dans cet espace bien trop ordonné et étroit. Dans son atelier du 26 rue du Départ à Paris, Piet Mondrian use de ses meubles pour s’inspirer, déplacer, ou plutôt placer, pour mieux reproduire sur ses toiles ce qu’il voit, ce qu’il pense. 

Mondrian et la musique


Le film illustre ce lien très fort entre Mondrian et la musique et qui inspire ses toiles. Passionné de jazz, il en écoute dans son atelier en même temps qu’il travaille. Installé à Paris de 1912 à 1938, l’artiste fréquente les nuits parisiennes, leur magie et leur décadence. Il découvre Joséphine Baker, le jazz l’enivre, la musique le tient en vie, en joie, en émotion. Du jazz au Charleston, Mondrian continue son parcours musical jusqu’à New-York, où il découvre avec émotion le boogie-woogie. De 1940 à 1944, fuyant les bombardements, il colore ses toiles. Il remplace le noir de ses lignes par du jaune, s’inspirant des couleurs de New-York et de son urbanisme rectiligne.
 

« On peut vivre avec un tableau mais pas dans un tableau »

A force de vouloir intégrer l’art dans la vie, Mondrian vit difficilement de sa pratique artistique. Peu compris à cette époque, inspiré du cubisme de Picasso et Braque, l’artiste néerlandais trouve une très légère crédibilité à Paris à cette époque. Véritable avant-gardiste pourtant, avec le mouvement de Stijl, Mondrian tend à faire reconnaître une vision de l’art. Ils vont jusqu’à créer une revue, Cercle et carreau et proposer une exposition qui sera un échec total. Peut-être que Mondrian, incompris dans cette première moitié du XXe siècle, trouve aujourd’hui plus de lumière et d’admiration en tant que véritable avant-gardiste et artiste moderne.

En DVD depuis 19 janvier 2010

Dans l’atelier de Mondrian
Un film de François Lévy-Kuentz
2010 – 52 min
Arte boutique

Exposition au Centre Pompidou

Mondrian / De Stijl
1er décembre 2010 – 21 mars 2011
11h00 – 21h00
http://www.centrepompidou.fr/
 


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