Mon épouse favorite

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Votre femme disparaît à la suite d’une expédition en mer. La croyant morte, vous vous remariez sept ans plus tard avec une autre et c’est à ce moment opportun que votre première femme réapparaît. Les bases de cette comédie américaine pleine de rebondissement, tournée en temps de guerre pour divertir son public, sont simples : […]

Votre femme disparaît à la suite d’une expédition en mer. La croyant morte, vous vous remariez sept ans plus tard avec une autre et c’est à ce moment opportun que votre première femme réapparaît. Les bases de cette comédie américaine pleine de rebondissement, tournée en temps de guerre pour divertir son public, sont simples : deux femmes, un seul homme, magistralement interprété par Cary Grant, complètement dépassé par les évènements et qui bien sûr ne supporte pas de faire pleurer les filles.

Le contraste entre les deux femmes est ici naturellement poussé à l’extrême: la première femme est blonde, simple, elle nous apparaît d’abord habillée comme un marin, elle est constamment dans une dynamique du rire et donne des directions à son mari qui a du mal à se sortir de situations périlleuses. Elle est capable de jouer tous les rôles, en particulier celui de la jeune femme du Sud, avec un accent et une démarche incroyables. La seconde femme, brune, est quant à elle directement antipathique au spectateur, elle est maquillée à l’extrême, exigeante, fade et tend à devenir ridicule surtout quand elle offre à Nick un peignoir en léopard assorti au sien. Dès la réapparition de la première femme, le spectateur sait que Nick n’a même pas de choix à faire, il va tout simplement devoir dire à sa seconde épouse que leur mariage va s’achever pendant leur lune de miel.

Un des ressorts comiques du film est ici le rapide démenti des dires des personnages par les faits. Lorsque Nick veut s’échapper car il ne trouve pas le courage de dire à Bianca, sa seconde épouse, que leur histoire est finie, il la bouscule en sortant de la cabine téléphonique ce qui le place directement face à son mensonge. De même, lorsque sa première femme tente de lui faire croire que l’homme qui était avec elle sur l’île pendant sept ans est un vieux monsieur inoffensif qu’elle paye pour jouer ce rôle, elle est ensuite directement mis face à l’étalon qui lui a réellement tenu compagnie.

La scène de l’hôtel où Nick est complètement dépassé par les évènements nous donne à voir un autre ressort comique du film. Cary Grant joue avec brio l’homme perdu entre deux femmes, qui tente de défendre son honneur devant le patron de l’hôtel qui l’accuse d’adultère, avec une femme dans chaque suite, et à qui il ne peut bien sûr pas expliquer sa situation, ou encore l’homme qui tente de reprendre ses esprits et de répéter ses phrases pour se détacher de sa seconde épouse. Pris dans une tourmente infernale, ne trouvant pas le courage de dire la vérité et s’enfonçant donc dans le mensonge, il nous apparaît comme un personnage loufoque dont le visage reflète parfaitement tous les sentiments qui le traversent comme des ouragans.

Les péripéties s’enchaînent pour retarder la réunion de ce couple et le spectateur doit attendre jusqu’à la scène finale pour voir enfin tomber tous les obstacles. C’est dans un grand éclat de rire que le film s’achève et l’on peut savourer alors le chemin parcouru et se remémorer les difficultés qu’a eu à affronter un homme qui n’aime pas faire pleurer les filles.

Titre original : My Favorite Wife

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Durée : 88 mn


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