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Max et les maximonstres (Where The Wild Things Are)

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Si les maximonstres sont extraordinaires de réalisme, le film peine en revanche à faire exister une histoire et une ambiance qui séduisent toutes les enfances – petites ou grandes.

Lorsque Spike Jonze décide d’adapter Max et les Maximonstres, il s’attaque à un phénomène de la littérature enfantine de 1964 écrit par Maurice Sendak, un conte d’une vingtaine de lignes culte et poétique. Or précisément, c’est peut-être dans l’économie de mot que l’imaginaire permettait de s’envoler et de transcender cette fable, là où la pléthore d’images qu’y supplante le réalisateur appauvrit les chimères. Soit, Monsieur Jonze a consacré 5 ans à l’écriture du scénario et de gigantesques moyens à la réalisation des monstres (en 3 temps : enregistrement des voix, interprétation dans des costumes géants puis animation des visages et expressions sur ordinateurs) ; ces derniers, personnages fantastiques mais plus vrais que nature, sont la grande réussite du film, rendant hommage en cela aux belles illustrations du livre originel. Néanmoins, l’émotion n’est que péniblement au rendez-vous et la démonstration du propos – intello et paternaliste – finit par lasser. Malgré son ardente ferveur, celle de Spike et celle de Max, l’enfant semble avoir oublié ceci : qui trop embrasse mal étreint.

Si le film, comme le livre, suscite un grand intérêt et – comme bien souvent – un franc succès, c’est pour son parti pris : il décale subtilement les poncifs ayant trait au monde de l’enfance pour les emmener sous cette autre lumière du réel, celle où les bambins sont frustrés, désoeuvrés et cyniques, et où leur cruauté n’a d’égal que leur ennui.
Ainsi, Max, jeune garçon solitaire, s’enfuit-il de chez lui après une incartade avec sa mère et s’imagine voguer vers une étrange contrée peuplée de monstres gigantesques dont il devient le roi. Chaque géant poilu a une personnalité bien trempée – rabat-joie, hypersensible, ou sage –, mais tous s’accordent à participer aux activités ludiques de leur nouveau souverain, entre batailles de boue, siestes spontanées et courses poursuites dans les bois. Or, malgré leur grande taille, les monstres sont déraisonnables et irresponsables et leurs discordes répétées déséquilibrent bien vite le royaume que Max croyait parfait…

L’idée de Max et les Maximonstres est de projeter sur les bêtes infantiles l’univers émotionnel chaotique dans lequel évolue le jeune humain. Bien sûr, donner sa place au côté obscur de la planète enfant, à ses cauchemars vivants et à sa temporalité propre, est une entreprise louable, voire nécessaire. Mais le film de Spike Jonze ne fait pas œuvre universelle. L’inconstance de Max, sublimement mise en scène au début du film dans le monde réel, tend à devenir grossière pendant son périple ; de même, la psychorigidité des monstres, parfois sujette à des traits d’humour, frôle plutôt la neurasthénie. Finalement, de décors froids et sans intérêt à un rythme sans histoire, le conte finit par libérer une morne fadeur. Quid alors du versant plus lumineux mais simultané de l’enfance, où le monde s’adapte à notre prisme et où la lente coulée du temps procure à la solitude un sentiment d’infini ?

Film singulier attaché à la singularité d’un univers, Max et les Maximonstres ne réussit donc pas à emporter tout le monde avec lui dans son voyage ; reste qu’il provoque, comme récit sincère, l’éternelle excitation de l’exploration en terre imaginaire.


Titre original : Where the Wild Things are

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Durée : 102 mn


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