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Les Maîtres de l’épée

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« Perpétuons l’héritage de nos ancêtres ». C’est en tous cas ce qu’a voulu la Shaw Brothers en produisant Les maîtres de l’Epée, qui a la particularité d’être composé de trois moyens-métrages, chacun réalisé par un réalisateur reconnu de l’époque : Yueh Feng, Cheng Kang et Chang Cheh. Trois réalisateurs, voulant chacun représenter à sa […]

« Perpétuons l’héritage de nos ancêtres ». C’est en tous cas ce qu’a voulu la Shaw Brothers en produisant Les maîtres de l’Epée, qui a la particularité d’être composé de trois moyens-métrages, chacun réalisé par un réalisateur reconnu de l’époque : Yueh Feng, Cheng Kang et Chang Cheh. Trois réalisateurs, voulant chacun représenter à sa manières les valeurs traditionnelles chinoises ? C’est en tous cas le but affiché de ce triptyque…

Dans un village en pleine campagne, le fils du préfet, abusant de son pouvoir avec ses soldats, harcèle depuis quelques temps la fille de la patronne d’une auberge. Arrogant, égocentrique et méchant, il est sûr de sa démarche en lui demandant, pour la dixième fois, sa main. La mère, tout comme sa fille, est réticente. Elle lui impose néanmoins une condition s’il veut avoir la main de sa fille: arriver à contrôler le père défunt symbolisé ici par un arc de fer. Hélas pour le fils du préfet, ce n’est pas lui qui réussira cette prouesse mais…un vagabond passé dans le village. Furieux d’avoir été humilié, il tentera d’user de son pouvoir pour parvenir à ses fins.

L’Arc de Fer (The Iron Bow) dure environ trente minutes et c’est bien ça le problème…Car même si on peut concevoir ce court-métrage comme un pur film d’arts martiaux, on frise la grosse déception avec une histoire qui ne tient absolument pas, du début à la fin. La façon dont cela est construit amène inévitablement le film à durer plus de trente minutes. Or, il n’en est rien…Les personnages secondaires sont plus creusés que les personnages principaux ; le vagabond qui est à l’origine du conflit, est présent dans le film, en tout et pour tout, dix minutes (il n’est même pas là pour la fin).De plus, les scènes de combats ressemblent plus à de la chorégraphie de ballet qu’à autre chose.

Bien que ce film dispose d’une importante dimension humoristique par le jeu très théâtral des acteurs et son coté très kitch (par les costumes notamment), l’Arc de Fer, avec sa mise en scène trop commune et son histoire médiocre, se révèle bien faible pour un réalisateur de la trempe de Yueh Feng.

Cheng Kang est célèbre chez les amateurs de films d’arts martiaux pour avoir réalisé un film qui a fait l’objet d’un véritable culte : Les quatorze Amazones. Pourquoi? C’est un film sur la libération de la femme. La Tigresse au rouge à lèvre (The Tigress), réalisé un an auparavant, peut être considéré comme le brouillon des quatorze amazones.

Des bandits, menés par Pang Xun, arrivent dans un village prêt à tout piller sur leur passage. Là-haut, sa seule demande est de savoir si une certaine Shi Zhong-Yo est présente. Pour quelles raisons? Nous ne le saurons qu’à la fin… Le chef du village, apeuré, demande à ses troupes de serrer les rangs. Cependant, au lieu de défendre le village, un de ses généraux est tranquillement dans les bras d’une prostituée se prénommant….Shi Zhong-Yo! La fréquentation étant interdite dans le village, il est condamné à la mort, avant de se faire sauver grâce à…..Shi Zhong-Yo! Afin de se racheter, ils doivent aller tous les deux capturer Pang Xun, tout en combattant son armée. Qui va trouver la solution?….Shi Zhong-Yo!!!

Ce film est incontestablement le mieux réussi des trois épisodes. L’histoire est très bien construite, avec des personnages féminins sublimés. Nous avons, en la personne de la prostituée, l’image de la femme fatale chinoise. C’est elle qui fait évoluer l’homme et non pas la violence, la force ou encore le pouvoir. Mais tout cela est ignoré par l’hypocrisie masculine, symbolisée par le chef du village. Comme elle le dit si bien : « l’amour est partout », ou encore : « de la vase peut sortir un lotus ».

C’est un réalisateur qui aime les femmes et cela se sent, ce qui fait que The Tigress reste un très grand film d’arts martiaux tout en étant aussi un grand mélodrame.

La violence est l’atout majeur du troisième opus. Le rivage de l’eau Blanche raconte l’histoire d’une bande de mercenaires venus délivrer leur frère sur ce fameux rivage. Là haut, ils croisent Mu Yu-Chi, un guerrier solitaire.

Tsui Hark y fait une grande référence dans son dernier film, Seven Swords. Néanmoins, ce troisième épisode est aussi trop court pour pouvoir être pleinement apprécié. Cependant, on reconnaît le style de Chang Cheh : son goût pour l’héroïsme, la vengeance et ce côté très excessif? Tout cela se retrouve dans cet épisode. On pourra cependant regretter un manque de construction dans l’histoire.

Les Maîtres de l’Epée reste une triptyque très inégal où l’on flirte avec le très bon, le moyen et le très mauvais. On a l’impression que cela reste de l’ordre de la série plutôt que du cinéma, et cela gâche le plaisir initial du spectateur …

Titre original : Qun ying hui

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Durée : 108 mn


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