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Le Royaume interdit (The Forbidden Kingdom)

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Un adolescent fan de kung fu est télétransporté depuis le Boston actuel jusqu´à l´Ancienne Chine, pour rétablir une longue canne mythique – un << bo >> – à son propriétaire, le Roi Singe, statufié depuis presque 500 ans.

Film de producteur par excellence, Le Royaume Interdit nous présente pour la première fois réunis à l’écran Jackie Chan et Jet Li, avec un scénario conçu par John Fusco (Spirit, l’étalon des plaines ; Dreamkeeper, la série), autour des légendes chinoises, et un réalisteur issu des films tous publics, Rob Minkoff (Stuart Little 1 et 2 ; Le Manoir Hanté et Les 999 fantômes).
La recette a du potentiel, en particulier parce que le pari repose sur l’introduction d’une forte dose d’humour dans un film d’arts martiaux, mais le résultat est décevant : avec un scénario à la structure basique et sans originalité, noyé par les flashbacks et les personnnages stéréotypés, l’heure et demie du film passe sans surprise aucune. A cela s’ajoutent une bande son et des choix esthétiques frôlant le médiocre, notamment pour les images incrustrées sur fond bleu absolument pas réussies. Le spectateur n’est pas pris au jeu, et doit se contenter du seul intérêt des performances des comédiens et des combats de kung fu passionants.
Ainsi, les fans de Jackie Chan et Jet Li trouveront tout de même leur compte. Leur jeu est excellent – l’interprétation du Roi Singe par Jet Li reste inoubliable, et leur maîtrise du kung fu extraordinaire. Cependant, malgré une grande qualité du combat choréographié (mis en place par le maître en la matière, Yuen Wo Ping – Matrix, Tigre et Dragon, Kill Bill), le découpage des scènes laisse le spectateur sur sa faim.

Pour notre part, nous retenons deux choses du Royaume Interdit.
Tout d’abord, une séquence d’ouverture intéressante pour les amateurs des films sur l’adolescence. On commence par des images à texture artificielle mettant en scène le Roi Singe au sommet de sa montagne, luttant contre des méchants figurants. Le héros de 17 ans Jason (Michael Angarano), se réveille alors en sursaut : on se retrouve dans sa chambre, où les murs sont tapissés d’affiches de films de kung fu, et la télévision tout près de l’oreiller diffuse encore un de ces vieux films. Ce n’était donc qu’un rêve. Le générique arrive, avec des images tirées d’affiches de films d’arts martiaux. Ce mélange coloré de médias et référentiels (le rêve, la chambre, la télévision, les affiches, le générique inspiré de ces affiches) donne tout de suite le ton et l’esprit du film, en nous faisant rentrer d’emblée dans l’ambiance post moderne souhaitée, ce qui n’est pas évident, puisque Le Royaume Interdit est un croisement bâtard entre film d’aventure, film de famille, film d’arts martiaux et comédie.
Ensuite, une fin qui nous confirme que le père du héros a abandonné le foyer familial il y a fort longtemps. La tentation est trop forte alors de conclure que le petit Jason est bel et bien parti à la recherche d’un substitut parental asiatique…
La famille, qui était pourtant la dernière valeur sûre à Hollywood après l’effrondrement des notions de Gloire et Patrie, semble avoir elle aussi des failles depuis quelques mois, et même le père s’enfuit à présent dans les grosses productions américaines ; la mère quant à elle, gardera encore son rôle de martyre soumise dans l’ombre. Nous voyons donc notre héros métamorphosé en superhéros des rues de Boston, tel un Spiderman banlieusard, fraîchement importé après délocalisation. Et tout cela, comme qui dirait, en attendant le dénouement des prochaines élections présidentielles dans le pays. Vivement ce dénouement alors.

Titre original : The Forbidden Kingdom

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