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Kathryn Bigelow

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Le Coin du cinéphile se penche sur une réalisatrice à coeur et à poigne, Kathryn Bigelow.

A l’occasion de la sortie récente du livre Kathryn Bigelow : Passage de frontières de Jérome d’Estais, ce Coin du Cinéphile d’été est consacré à Kathryn Bigelow. Celle-ci s’est imposée au sein de l’industrie hollywoodienne à une époque bien moins ouverte aux réalisatrices qu’aujourd’hui, et pour l’essentiel dans le registre du cinéma d’action. Sa formation artistique et intellectuelle dans le milieu de la contre-culture des 70’s constituera longtemps dans son œuvre une dichotomie avec la quête de sensations fortes de ses plus gros succès hollywoodiens. Alors que l’inaugural Loveless (1981) se baigne dans cette veine sophistiquée et maniérée, Aux frontières de l’aube (1987) naît du traumatisme que fut la découverte de La Horde sauvage de Sam Peckinpah et définit désormais l’approche sensorielle et énergique de la réalisatrice. Si les engagements politiques d’antan ressurgissent dans le féministe et hard-boiled Blue Steel (1988), c’est désormais cette pure quête d’adrénaline que poursuit Kathryn Bigelow (amatrice de sport extrême ce qui aidera au rapprochement avec son éphémère époux James Cameron) comme ses personnages dans Point Break (1991). Elle matérialise littéralement cette recherche de sensation avec les expériences virtuelles de Strange Days (1995) tout en y retrouvant sa veine politique avec ce portrait fiévreux de l’Amérique post affaire Rodney King. Après une traversée du désert injuste ponctuée de films pourtant intéressants (Le Poids de l’eau (2000), K-19 (2002)), c’est à nouveau en reliant ses personnages kamikazes à un contexte socio-politique fort qu’elle retrouvera les faveurs du public et de la critique. En capturant l’ambiguïté de l’american hero, Démineurs (2009) est ainsi le meilleur film sur la Guerre en Irak tandis que Zero Dark Thirthy (2012) pose un regard sans fard sur l’obsession et le mal « nécessaire » de la lutte contre le terrorisme. Décriée pour des raisons éloignées du contenu même du film, Bigelow a pourtant montré une force intacte dans Detroit (2018). On attend la suite de cette captivante filmographie avec impatience.

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