Select Page

Karaté Kid

Article écrit par

Cette semaine, le meilleur du revival 80´s ne se trouve pas là où il paraît…

Il est assez amusant de mettre en parallèle ce Karaté Kid avec l’autre grosse sortie de la semaine, The Expendables de Stallone. On a là deux tentatives assez dissemblables de ressusciter l’esprit des 80’s : d’un côté Sly qui rate complètement le coche de sa réunion au sommet en s’inspirant sur le fond comme la forme des actioners les plus beaufs et laids de la décennie et de l’autre un produit certes calibré mais diablement sympathique. Le Karaté Kid original, film culte des trentenaires nostalgiques, n’est d’ailleurs rien moins qu’un ersatz teenage de Rocky (John G. Avildsen, réalisateur des deux films, entretient d’autant plus le lien), dont il véhiculait les mêmes valeurs positives pour un sport et une tranche d’âge différente : abnégation, dépassement de soi, respect et un certain esprit gagneur et revanchard typique de l’époque.

Si l’idée d’un remake pouvait paraître saugrenue (d’ailleurs l’an dernier est sorti en catimini un remake officieux et fort réussi intitulé Never back Down), le scénario multiplie les bonnes idées pour édifier une identité propre au film. Le déplacement de l’action en Chine ajoute un sentiment de solitude et de déracinement au personnage principal, accentué par les brutalités qu’il subi. Jaden Smith est le digne fils de son père, dans les qualités comme les défauts. Une gouaille réjouissante qui le dessert parfois se conjugue à un vrai charisme et un réel capital sympathie suscitant l’empathie immédiate. La première correction qu’il subit est un vrai petit traumatisme et on tremble fébrilement avec le héros chétif dans la crainte de nouvelle violence.

Le cadre chinois apporte également une touche d’authenticité (rendant du coup incongru le fait de conserver le titre Karaté Kid), symbolisée par Jackie Chan (si souvent dans le rôle de l’élève malmené par le maître dans ses films de jeunesse) en mentor trouvant ici ni plus ni moins que le meilleur rôle de sa carrière américaine. Le connaisseur en films d’art martiaux appréciera l’utilisation des gestes du quotidien comme extension constante du kung fu (figure classique du genre) avec une technique d’enlevage/retirage de veste aux effets surprenants. Chan supervisant les scènes de combat et d’entraînement avec son équipe, le tout tient solidement la route et est mis en scène de manière efficace. Seul vrai défaut, la durée insensée de la chose pour ce qu’il y a raconter (2h30 tout de même !) où tout sera étiré plus que de raison sur fond de Chine carte postale à travers notamment la romance avec une jeune chinoise ou les différentes étapes de la progression de Dre. On pardonnera toutefois ces errements passagers, puisque le film n’ennuie jamais réellement et est dans l’ensemble bien rythmé.

Le tournoi final obéit à tous les clichés du genre, tel le finale où Dre, blessé (le jeune Jaden est d’ailleurs très convaincant en action), se dépasse pour mener son ultime combat jusqu’au bout, sa nemesis vaincue qui a un éveil de conscience salutaire… L’ensemble aura été suffisamment développé pour rendre ces aspects galvanisants et l’esprit gagnant 80’s (un novice américain qui va gagner chez les Chinois dans leur discipline) se marie à un vrai respect de la culture chinoise, vantant un kung fu moins belliqueux que source d’accomplissement personnel.

Titre original : The Karaté Kid

Réalisateur :

Acteurs : ,

Année :

Genre :

Durée : 139 mn


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

Kanal / Ils aimaient la vie

Kanal / Ils aimaient la vie

« Kanal » ravive le spectre de la guerre. Avec cette odyssée humaine, Andrzej Wajda filme le « romantisme de l’horreur » dans la tourmente de l’insurrection de Varsovie et les convulsions de l’Histoire de la Pologne. Dantesque en version restaurée 4K distribuée par Malavida.

Les reines de la nuit

Les reines de la nuit

Un reportage télé qui ne parvient pas à singulariser ses personnages, et où l’esthétique camp des cabarets parisiens ne contamine pas la mise en scène, trop absente.

It must be heaven

It must be heaven

Un conte burlesque explorant l’identité, la nationalité et l’appartenance, dans lequel Elia Suleiman pose une question fondamentale : où peut-on se sentir « chez soi  » ?

Made In Bangladesh

Made In Bangladesh

Made in Bangladesh est un film en lutte, qui s’attaque à de nombreux sujets politiques, sociaux et économiques, mais avant tout profondément humains, et qui ne le fait pas sans une certaine finesse ni une certaine beauté.