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Haut et fort

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Nabil Ayouch dresse un portrait optimiste de la jeunesse marocaine.

Une carrière impressionnante

On se demande encore bien pourquoi ce film qui avait coché toutes les cases pour être Palme d’Or à Cannes cette année a été coiffé au poteau par une sorte de niaiserie grand-guignolesque, Titane. Peut-être que Nabil Ayouch avait un train de retard en cochant les cases de l’humanisme, du vivre ensemble et de la lutte contre l’obscurantisme. Maintenant on s’éclaire au transgenre et au gore nourris à l’huile de vidange. Peu importe, ce film qui représente à lui seul le Maroc dans la catégorie fiction au festival de Cannes mérite qu’on s’y arrête. Nabil Ayouch, avec déjà une carrière impressionnante derrière lui, notamment Razzia, Much Loved et l’inoubliable Chevaux de Dieu, entre autres, nous avait habitués à plus de violence contenue ou non pour dénoncer les travers de la société marocaine et ses injustices.

 

 

Donner la parole aux jeunes de Casa

Avec Haut de fort, il semblerait qu’il abandonne un peu ses craintes et ses angoisses pour donner la parole à des jeunes issus de la banlieue de Casablanca qu’on ne voit que rarement au cinéma, sauf pour les vilipender. A travers le portrait du charismatique Anas Basbousi (magnifique révélation de Cannes qui aurait pu obtenir une Palme d’interprétation masculine ex-aequo avec Caleb Landry Jones pour son rôle dans Nitram), ancien rappeur, engagé dans un centre culturel d’un quartier populaire de Casablanca, Nabil Ayouch nous raconte une histoire, pleine de joie et d’espoir, celle de jeunes réunis par le hasard et qui vont devenir meilleurs ensemble, toujours ensemble. En effet, encouragés par leur nouveau professeur, ils vont alors tenter de se libérer du poids de certaines traditions pour vivre leur passion et s’exprimer à travers la culture hip hop….

Emotion et passion

La fin du film est d’ailleurs sublime, avec juste ce qu’il faut d’émotion et de passion. Haut et fort marque le spectateur à la fois par son message, la rigueur de sa mise en scène type documentaire et l’image de Virginie Surdej et Amine Messadi. Et la musique bien sûr qui occupe la place principale, qu’on aime ou pas le rap et le hip-hop, due à Mike et Fabien Kourtzer. Le réalisateur se serait écrié lors de la conférence de presse du film à Cannes : « J’ai envie que le Maroc, que le monde entier entende ces voix et ces histoires. Elles sont le signe que le monde change. » C’est chose faite.

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Durée : 102 mn


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