Select Page

Cycle « Qui fait l’info ? » au Forum des images

Article écrit par

Le Forum des images aime tenter, explorer, décortiquer. Et cette fois-ci, il s’attaque à l’information, la « story », comme le disent les Américains, mais version cinéma… Tout un cycle.

La télévision et le cinéma n’ont jamais fait bon ménage. Les journalistes et le cinéma non plus. À qui de l’un ou de l’autre faut-il faire le plus confiance pour parler de l’un ou de l’autre ? La télévision, lorsqu’elle parle de cinéma, traite souvent de ceux qui font leur cinéma, les réalisateurs, les acteurs, les actrices. Qu’en est-il de la presse ? Pas mieux. Les critiques, que nous exprimons aussi sur Il était une fois le cinéma, se déchaînent contre certains films, soulèvent des polémiques, esquissent des débats. Mais alors, quand le cinéma parle des médias, qu’en dit-il ? Le cycle du Forum des images intitulé Qui fait l’info ? prend le risque de répondre à cette question par une programmation d’une cinquantaine de films – fictions mais aussi films grand public ou documentaires. Il a aussi offert aux plus chanceux une avant-première, pour son ouverture, avec La Bataille de Solférino (Justine Triet, 2013). Mais depuis l’ouverture du cycle, ce sont de grands réalisateurs qui se succèdent dans la salle 300 du Forum : Fritz Lang, Jean-Luc Godard, David Fincher, Brian de Palma, Georges Clooney. Que sont allés chercher ces cinéastes dans l’univers des médias ?

La programmation, aussi diverse qu’étonnante, fait du cycle un véritable parcours sur grand écran de ce qu’est l’information, c’est-à-dire la manière dont les évènements sont relatés, amenés aux publics, transmis. Les journalistes, « ordures » aux yeux de Godard, addicts aux nouvelles technologies pour Fincher, politiques pour Clooney, de terrain de Palma, y sont tout et rien, même si c’est toujours par eux que circule l’information. Mais quelle est donc cette information ? Les films prennent-ils leur revanche sur ceux qu’ils ont sans cesse en images dans le rétroviseur ?

 


Présentateur vedette : la légende de Ron Burgundy (Adam McKay, 2004) © Collection Christophel
 
 
Prenons le documentaire de Jean-Luc Godard, Comment ça va ?, réalisé en 1976. Sorte de trip technologique aux mains d’un réalisateur décidemment coriace envers les médias, ce film de 78 minutes fait état d’une journaliste, Odette, que l’on ne verra pas que de dos. De son collègue, la moustache dense et les idées floues. D’un couple qui s’aime. De Paris la nuit. Mais surtout, d’un petit projet qu’ils portent tous : témoigner des coulisses d’un journal, de la manière dont l’information est écrite et du langage parfois trompé par la machine. Godard monte, démonte, surmonte les images. Les propos. Tout est insupportable, tout est rapide. L’information est-elle un leurre ? Est-elle captable ? Qui sont donc, derrière les mots publiés, les journalistes ?

Mais les films ne sont pas les seuls à entrer dans ce parcours difficile qu’est l’information. Il y a aussi les séries, comme The Wire (David Simon, 2002-2008), qui a donné lieu à une conférence du philosophe Mathieu Potte-Bonneville. The Wire, c’est l’une des meilleures séries au monde, créée par un ancien reporter, David Simon. Mélange entre fiction et réalité, elle lance le débat au cœur du cycle Qui fait l’info ? Le storytelling, cette façon de raconter des histoires en se basant sur le réel, est-il encore possible à notre époque ? Peut-on scénariser le réel dans la presse ?

Du 17 septembre au 31 octobre, le Forum des images devient le théâtre de questionnements sur la presse, la télévision, la radio, et ceux qui l’habitent, les journalistes, ces « faiseurs » d’informations. C’est aussi le lieu idéal pour voir ou revoir sur grand écran de très bons films, à savoir Zodiac (2007), The Social Network (2010) et Millenium : les hommes qui n’aimaient pas les femmes (2012) de David Fincher, Network (1976) de Sidney Lumet, Redacted (2008) de Brian de Palma ou Good Night, and Good Luck (2005) de Georges Clooney.

  

 

Retrouvez toutes les informations sur le site internet du Forum des images.


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

Outrage

Outrage

Les six films d’auteur réalisés par Ida Lupino entre 1949 et 1966 traduisent l’état de « victimisation » dans lequel est maintenue
la femme américaine face aux défis de la reconstruction sociale de l’après-guerre. « Outrage » formalise, à travers l’esthétique du film noir, le trauma existentiel d’une jeune fille sauvagement violée. Poignant en version restaurée.