Cours toujours Dennis (Run, Fat Boy, Run)

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Déception pour le premier long-métrage de David Schwimmer, lui qui savait tout à la fois nous toucher et nous faire rire dans Friends.

Comédie sur le difficile passage à l’âge adulte, Cours toujours Dennis enchaîne les poncifs avec un manque d’imagination et de profondeur surprenant. Nous serions tentés de sombrer dans le sarcasme facile et c’est mauvais signe.

Dennis s’enfuit le jour de son mariage, abandonnant éhontément femme et enfant. Ce qui s’appelle prendre ses jambes à son cou et planter. Dennis est pitoyable, piteux, il a peur. Mais il n’est pas dépourvu de ce charme inconditionnel qui auréole les âmes sensibles, immatures et pleines d’humour. Et comme tout futur homme qui se respecte, il tentera noblement de reconquérir sa belle par tous les moyens. Face à lui, un homme beau, riche et égoïste incarne le redoutable prétexte qui l’amènera à affronter ses propres démons. Le marathon de Londres sera la terrible épreuve qu’il aura à surmonter pour gagner sa propre estime et fonder enfin une famille. Bref, tout cela paraît gros, très gros.

Nous rendons grâce à l’enthousiasme manifeste de toute l’équipe du film et à quelques idées pas forcément mauvaises. On ne passe pas foncièrement un moment désagréable. Mais on l’oublie vite… La littérature n’est pas faite de bons sentiments, et les bonnes intentions ne font pas le cinéma.

Quand les clichés coïncident parfaitement avec les clichés, nous obtenons une comédie-bateau, pardon, marathon. Dennis a du bid, mais n’est pas bidonnant. On sourit parfois, on n’est jamais surpris. Cette soap comédie ne déroge pas à la règle de la vieille blague du pet de bon ton pour montrer qu’on n’est pas de bon ton, mais surtout se la « pète » un peu quand elle se prétend décalée.

Tout comme son anti-héros transformé en héros, David Schwimmer a encore du chemin à parcourir avant de se surpasser. Mais peut-être les adeptes de la fameuse sitcom Spaced apprécieront cette incartade du fameux Simon Pegg sur le grand écran.

Titre original : Run, Fat Boy, Run

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Durée : 95 mn


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