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Clermont-Ferrand : Séance d’ouverture

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Clermont-Ferrand s’anime.

Cette séance d’ouverture proposait fiction, documentaire et clip animés, résultant d’une volonté d’aménager une place pour l’animation, sous toutes ses formes. Mention spéciale au Pryg-Skok (2012) russe de Leonid Shmelkov, rapide fantaisie riche, enfantine et rythmée. En malus/bonus, un Starfly (Beryl Koltz, 2005) décevant, d’un onirisme un peu banal, et La Jetée (1962), de feu Chris Marker. Réalisateur méritant un éclairage critique constant, bardé d’une filmographie vertigineuse, enveloppant documentaires brillants, blagues courtes – souvent animalières – et quelques fictions, rares mais indispensables.

Demoni

Surplombant le reste de la programmation, Demoni (2012), clip réalisé par Théodore Ushev, auteur de l’affiche de cette édition. Habitué à jouer des formes, de la musique et des teintes, dans une succession rapide de plans fouillés et vivants, Ushev est un alchimiste discret, expérimentant constamment. Demoni fait se succéder une population de petits dessins, dansants, grouillants sur un disque vinyle.

Masques africains, humanoïdes, mouvants, un chat rouge, énorme, monstres au lit, réveillés brusquement… Ce village vinyle, population hétérogène, homogène se contorsionnent, valsent dans des cases. Des traits de couleur les séparent d’eux-mêmes, leurs frères jumeaux, leurs parents peut-être occupent l’espace, répètent joyeusement les mêmes mouvements. Ralentissement du son, saccades abruptes, le vinyle se dépeuple, l’animation s’éteint, le soleil se lève.

Serpentant autour de l’electro balkanisée de Kottarashky and the Rain Dogs, les dessins élaborent une étrange entreprise d’unions et de désunions. Marquée par la technique, donnant l’illusion d’un seul vinyle (en réalité, Ushev a réalisé ses dessins sur 50 disques), cette thématique des ressemblances et des dissemblances transporte, enivre les sens. Ushev peint la danse rituelle dans toute sa complexité. La couleur noire du vinyle mime la nuit, rendue rassurante par ces personnages colorés, rassemblés par une écriture automatique – pour Demoni, nous devrions dire animation automatique – puisant ses racines dans le courant surréaliste. Demoni n’effraie pas, il rassure presque, son paganisme sautillant est marqué par une mélancolie sirupeuse, mise à distance par l’ivresse du mouvement. Avec Ushev, l’enfer est une fête.

À lire : l’entretien avec Théodore Ushev réalisé lors de la précédente édition du festival.


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