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Clermont-Ferrand : Jour 7

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Mais que voulez vous, on ne pourra pas s’empêcher aujourd’hui non plus de déclarer que le soleil d’hiver est enfin revenu sur Clermont, et que la ville, bien que toujours refroidie, retrouve de bien jolies couleurs… (L.C.) Le court du jour (A.H.) Depuis plusieurs années, les quelques films australiens parvenant à franchir les océans exposent […]

Mais que voulez vous, on ne pourra pas s’empêcher aujourd’hui non plus de déclarer que le soleil d’hiver est enfin revenu sur Clermont, et que la ville, bien que toujours refroidie, retrouve de bien jolies couleurs… (L.C.)

Le court du jour (A.H.)

Depuis plusieurs années, les quelques films australiens parvenant à franchir les océans exposent les divers aspects d’une contrée peuplée de sauvages blancs. At the formal de Andrew Kavanagh (2011 – expérimental/fiction – 7’44 ») choisit la déformation volontaire de la réalité pour offrir un regard subjectif et pertinent sur cette société australienne.


 
At the formal, c’est huit minutes de bal de fin d’année mi banal mi brutal, secondé par un environnement sonore tirant parti d’un contrepoint proleptique, fournissant à l’image un discours mortifère et décalé. A l’exception de la toute dernière minute, tambours tribaux et cris de jungle enveloppent l’image d’une atmosphère grotesque. Malgré la normalité des actions produites, le jumelage du ralenti et du contrepoint sonore drape le court d’un sentiment de malaise indéfinissable. La dernière minute explose ces normalités par un sordide twist qui contraste avec la contemporanéité du cadre général.

Des données communes semblent se dessiner autour de plusieurs films australiens. At the formal dresse un pont entre la peinture contemporaine d’un Crimes de Snowtown de Justin Kurzel (2011 – 120′) et le récit, plus ancien, des hors la loi de The Proposition de John Hillcoat (2005 – 104′). Le court métrage de Andrew Kavanagh fait remonter une certaine primitivité à la surface, en transformant ces bourgeois australiens du 20ème siècle en antiques barbares adeptes du sacrifice humain.


Court entretien avec… Aurélie Chesné* (propos recueillis par L.C.)

1. Quels courts métrages vous ont donné envie de travailler dans ce domaine ?

Beaucoup de courts métrages m’ont donné envie, comme par exemple les premiers films du cinéma, les Méliès, les Chaplin, les premiers courts métrages de grands réalisateurs, de la Nouvelle Vague aussi… J’ai toujours aimé le cinéma, je me suis gorgée de ces films là, et dernièrement, depuis que je suis arrivée au Pôle Court Métrage chez France TV, dans les premiers films que j’ai découvert se trouvent par exemple le très fort et exceptionnel Mokhtar de la cinéaste québécoise Halima Ouardiri (Canada/Maroc – 2010 – Fiction – 16′).

C’est d’ailleurs ce type de films là qui m’ont donné envie d’explorer encore plus le cinéma maghrébin en général, parce qu’il y a beaucoup de jeunes talents. Il s’agit de l’une des thématiques que je développe cette année, avec par exemple "La nuit du court métrage" diffusée jeudi 2 février sur France 3, qui est aux couleurs du printemps arabe.


2. Quand avez-vous vu pour la première fois les courts cités ?

Je pense que ça devait être à Paris et lors de rétrospectives en festivals, notamment au festival Premiers Plans d’Angers où j’étais stagiaire il y a très longtemps. Dans des grands festivals comme à Cannes aussi, où l’on peut voir pas mal de rétrospectives de films d’artistes, et à la cinémathèque également. Mais je ne pourrais pas vous dire exactement la première fois où j’ai vus ces courts, ça me parait tellement lointain ! (rires)

3. Quelle est l’instant, dans votre activité actuelle, où vous ressentez le même effet, le même plaisir que la première fois où vous avez vu ces courts métrages ?

Bien souvent je retrouve la sensation de fraîcheur de la première fois, oui. D’ailleurs, même en venant à Clermont – où l’on visionne beaucoup de films en box au Marché du film –, on est surpris à chaque fois, et j’aime être surprise. Rire, ou pleurer, ou avoir des émotions fortes : être surprise par une mise en scène, par un propos, par un point de vue… Ça m’arrive encore souvent et jusqu’à très vieille, j’espère pouvoir toujours aussi étonnée et enthousiasmée !

Lien disponible vers le court métrage cité :

Mokhtar de Halima Ouardiri (Canada/Maroc – 2010 – Fiction – 16′)
Bande annonce sur : http://www.bandes-annonces.ca/catalog/movie/Mokhtar

*Conseillère de programmes au Pôle Court Métrage France Télévisions
Programmatrice de l’émission "Libre Court" (France 3)

Clermont-Ferrand : Jour 6


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