Select Page

Casanegra

Article écrit par

Casanegra, deuxième long métrage de Nour-Eddine Lakhmari, succès au box-office marocain et représentant officiel du pays dans la course aux Oscars, cherche à rendre compte de la situation sociale des quartiers défavorisés de Casablanca, à travers l´histoire de deux amis d´enfance vivant avec difficulté – interne et externe – le passage à l´âge adulte.

Dans la ville, Karim et Alid s’en sortent financièrement grâce à de petites combines illégales. Mais leurs aspirations à améliorer leur niveau de vie et celui de leurs familles respectives sont grandes, et leur espoir d’un futur meilleur presque inébranlable. Ainsi, les rêves d’Alid d’émigration vers l’Europe complètent ceux de promotion sociale de Karim. La caméra suit les deux protagonistes dans une quête du bonheur semblant conditionnée par la fatalité.

Casanegra nous laisse voir avec réussite un « Casablanca by night », où la noirceur des ruelles se mêle à l’éclairage aveuglant des grands boulevards. Ce contraste visuel souligne très justement les différences sociales qui hantent la ville, à la fois éblouissante et misérable. Un très bon jeu d’acteurs, lesquels dérivent entre le comique et le tragique selon la configuration de chaque scène, contribue également à rendre compte de l’aspect tragique du réel, sans pour autant tomber dans le pathos.

Malheureusement, le traitement de l’intrigue, du scénario au montage, dessert l’histoire en mettant en place un rythme narratif imparfait et lassant, souligné par une bande son souvent en décalage avec l’image. De plus, les revendications sociales du réalisateur se font de plus en plus floues. Si la violence faite aux femmes est pointée du doigt (spécialement dans une « séquence symbole » qui montre le jeune Alid corrigeant un beau père qui s’entête à maltraiter sa femme jusqu’à l’abrutissement), les homosexuels sont quant à eux systématiquement dénigrés et tournés en dérision, depuis l’utilisation plus que récurrente du mot « pédé » comme insulte universelle, jusqu’aux choix scénaristiques de représenter le seul et unique personnage issu de la haute société sous les traits d’un pervers travesti, qui maltraite une jeune femme – évidemment – sans défense. Incohérence fatale qui achève de faire sombrer le film dans un obscur malentendu.

Titre original : Casanegra

Réalisateur :

Acteurs :

Année :

Genre :

Durée : 122 mn


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

Derniers Chrysanthèmes

Derniers Chrysanthèmes

« Derniers chrysanthèmes » fait implicitement allusion à la floraison tardive dans son épanouissement qui se fane avec le temps selon un processus irréversible d’étiolement. La métaphore porte ici sur une communauté d’anciennes geishas qui ne sont plus dans “la fleur de l’âge”; ravivant leurs nostalgies dans le Tokyo désenchanté d’après-guerre. Aperçu…