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A deriva

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Brazil, chaleur, plage, c´est une fenêtre ouverte sur ce merveilleux pays et sa culture que le film de Heitor Dhalia nous présente. Vincent Cassel étonne par son accent, mais aussi par son talent.

Imaginez une carte postale de vos vacances idéales. Sans réfléchir, une plage de sable fin dans un pays où chaque image rime avec paradis, chaque personne avec beauté et chaque moment avec bonheur. Ce doux rêve est celui évoqué par le film A deriva. Le scénario est secondaire. Face à l’évasion procurée par le film, l’histoire de cette famille qui vit entre tromperies et amour n’est qu’annexe. Le mari trompe sa femme avec une belle américaine, la fille chérie à son papa voit leurs actes sexuels, les photos de la maîtresse, l’attitude monstrueuse de son modèle et décide de tout avouer à sa mère. Seulement, elle n’est pas au bout de ses surprises et sa curiosité l’amènera à surmonter des soucis d’adulte.

Vincent Cassel incarne ce père volage. Il aime les femmes, la femme en général, il la désire, l’embrasse, la prend dans ses bras. Bien sûr, son accent de français parlant le portugais trouble au début. Mais le spectateur est vite ébahi devant sa maîtrise de la langue – ou de sa langue ? Bronzage idéal, séduction poussée à son extrême, la jeune fille de quatorze ans qui admire son père devient une jeune fille qui apprend à être une femme, ou plutôt la femme parfaite aux yeux de son papa. Adolescente et magnifique, Filipa (Laura Neiva) joue avec les garçons comme une séductrice adulte. Cet aspect est d’ailleurs gênant, voire choquant. La mise en scène si « sexuelle » d’une jeune fille peut mettre mal à l’aise quiconque l’observe. Les gros plans sur son corps, ses lèvres et ses fesses sont dérangeants et malvenus pour expliquer les rapports entre une fille et son père. Pourquoi en montrer autant ? Est-ce normal que la hiérarchie entre sentiments amoureux et attraction sexuelle soit si vite cassée ?

Entre l’évocation d’une famille brisée, l’amour impossible entre un séducteur et une mère désespérée devenue alcoolique, l’adolescence et ses éternelles questions, le spectateur est perdu. Difficile de réunir tous ces moments en un film continu, avec une logique et un sens. Peut-être est-ce pour cela qu’A Deriva s’apparente davantage à un catalogue d’images paradisiaques. Malgré cette succession de jolis plans sans vif intérêt, on ne s’ennuie pourtant pas. Tous les acteurs sont d’une beauté cinglante. Le film un éloge du beau et de sa personnification. Un hymne à la béatitude devant des photos de vacances, des moments d’insouciance amoureuse, des corps parfaits, des réactions logiques. Bref, l’illustration exemplaire d’une publicité invitant à aller au Brésil l’été prochain…

Titre original : A deriva

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Durée : 103 mn


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