Un homme qui crie

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Prix du Jury à Cannes, Un homme qui crie est un film qui ne décolle guère.

Adam, la cinquantaine et ancien champion de natation, apprend que l’hôtel qui l’emploie va le remplacer par son propre fils, Abdel tandis que son pays, le Tchad, est encerclé par un climat de guerre.

Un Homme qui crie. La beauté aura bien du mal à se hisser au-delà de son titre. Le film raconte ou plutôt montre, d’une manière pas toujours très subtile, la souffrance d’un père, tiraillé dans un double conflit. Le premier est lié au temps qui passe. Le quinquagénaire est semblable au vieil âne des Musiciens de la ville de Brême et dont on veut se débarraser parce qu’il est plus proche de la mort que de la vie. « Champion », comme on le surnomme, finit perdant au jeu des chaises musicales. Il doit céder sa place de maître nageur à son fils, revêtir le costume symboliquement trop court du garde-barrière misérable qu’il est à présent. En arrière-plan de cette rivalité : la guerre, omniprésente, tantôt comme un fantôme qui traverse les ondes radio avec véhémence, tantôt comme un Minotaure à qui il faudra sacrifier son fiston pour retrouver une gloire perdue. Adam ne crie pas. Au contraire, le personnage étouffe le bruit. Cette sobriété, toute élégante, n’est malheureusement pas le maître mot du film.

Mahamat-Saleh Haroun oppose l’hôtel, sorte de bulle où l’eau de la piscine joue un rôle protecteur, au monde extérieur, avec ses ruelles témoins de l’exode des habitants ou longues étendues arides qu’envahissent les soldats, le tout pour faire apparaître la filiation tourmentée d’Adam. Toutefois, le réalisateur se cramponne aux émotions trop flagrantes de ses personnages qui ne sont pas toujours au top de leurs performances (on pense surtout aux rôles secondaires). Un soldat clopinant apporte à la famille un courrier venant d’Abdel, le fils envoyé au combat.

Il s’ensuit nécessairement un gros plan sur le visage de l’amoureuse esseulée et en pleurs. Et comme si cela ne suffisait pas, un chant désespéré s’ajoute à cet ensemble déjà bien indigeste. Le contraste entre les plans intial et final sur l’eau témoignent d’un trait poétique mais, le plus souvent, ce dernier est effacé par une volonté d’empiler la souffrance plutôt que de la suggérer. Pour exposer la douleur du père face à l’absence de son enfant, le cinéaste montre un plan, puis deux, puis trois… sur un side-car à moitié vide et finit ainsi par noyer son long métrage dans une certaine lassitude.

Un Homme qui crie est un drame psycholgique qui laisse la porte trop grande ouverte au pathos pour pouvoir frapper fort, bien qu’il ait obtenu un prix à Cannes. Un mystère dau sein de ce palmarès.

Titre original : Un Homme qui crie

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Durée : 92 mn


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