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Postmodernisme : Quand le cinéma se regarde

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Art ayant déjà dépassé les cent ans d´existence, le cinéma n´a pas attendu Tarantino pour jeter un regard en arrière sur lui-même.

Si Tarantino a poussé la touche référentielle jusqu’à en faire une profession de foi artistique, il ne l’a pas inventée. Que les démarches soient parodiques, réflexives ou respectueuses, la touche postmoderne court tout au long de l’histoire du cinéma. Les objectifs sont divers : se ressourcer dans des œuvres matricielles quand l’inspiration contemporaine fait défaut ; au contraire s’approprier les vieux codes pour mieux les démanteler ou tout simplement refaire découvrir le panthéon d’un cinéma oublié. On pourrait également y ajouter une dimension plus expérimentale dans certaines démarches d’artiste contemporain mais on sort là de la sphère du cinéma. Toujours est-il que des œuvres les plus recherchées aux plus légères, les questionnements sur la mise en abyme, la place du passé et la capacité de renouvellement de l’imaginaire cinématographique offrent des réflexions passionnantes.

Pour ce Coin du Cinéphile, nous allons donc picorer dans diverses époques et genres pour voir les différentes manières dont peut s’effectuer cette réflexion. La parodie dans un premier temps avec Les Trois Ages de Buster Keaton (qui se pose donc comme pionnier en la matière), un texte survolant la carrière des gais lurons des ZAZ. Il sera ensuite fortement question de Hitchcock à travers l’étonnant remake de Psycho par Gus Van Sant et la manière dont De Palma s’appropria les codes du Maître du suspense dans sa trilogie Obsession/Pulsions/Body Double. Les grands réalisateurs cinéphages que sont Quentin Tarantino et Joe Dante seront ensuite mis à contribution dans leurs films les plus emblématiques de ce postmodernisme, Panique à Florida Beach et Kill Bill. Enfin les curieux objets que sont Scream et Loin du Paradis poseront la distance entre hommage sincère à un genre (le slasher et le mélodrame) et la dimension de pastiche/ironie que leur reproduction peut amener, volontairement ou non.

Bonne lecture avant une année 2011 qui s’ouvrira sur une thématique consacrée au polar urbain américain !


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