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Nicolas Roeg

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Retour sur un génie anglais quelque peu oublié.

En 2011, la célèbre revue culturelle anglaise Time Out avait publié un classement des cent meilleurs films anglais de l’Histoire. Dans le lot, on trouvait pas moins de cinq films de Nicolas Roeg, dont deux dans les dix premiers et en tête du classement, le fameux Don’t Look Now.

Célébré en son temps, Nicolas Roeg fait figure de cinéaste culte un peu obscur en France et s’il conserve un certain prestige en Angleterre, les portes des grosses productions lui sont (à la manière du tout aussi singulier et récemment disparu Ken Russell) fermées. Son cinéma étrange et audacieux qui pouvait rencontrer le grand public dans les années 1970 est désormais incompatible avec le formatage ambiant.

Au travers de son œuvre, Nicolas Roeg offrit un croisement unique entre avant-gardisme expérimental, retour à la simplicité du cinéma « pur » des pionniers et universalité. Cela s’exprimait par un art du montage non conventionnel, fonctionnant sur l’aspect sensoriel ou symbolique, et par un jeu reposant sur l’association d’idées. Dans une période propice à un ton anticonformiste, son cinéma rencontra ainsi étonnamment le grand public avec des films aussi divers et déroutants que Performance, Walkabout ou L’Homme qui venait d’ailleurs.

Par la suite, il trouvera moins sa place et deviendra une énigme pour les producteurs et studios avec des titres aussi singuliers que Eureka ou Bad Timing. Roeg qui est toujours actif aujourd’hui voit donc ses travaux désormais réduits à une certaine confidentialité, malgré le prestige qui l’entoure. Un grand cinéaste à ne pas oublier.

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