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Le Secret des Marrowbone

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Ni captivant, ni déroutant, « Le Secret des Marrowbone » est trop posé pour épouvanter.

Enfant de l’Orphelinat

Une vaste et ancienne demeure habillée d’abandon et de mystère, chargée de lourds secrets, théâtre de présences et de manifestations étranges. Trois frères et une sœur : Jack (George MacKay), Billy (Charlie Heaton), Jane (Mia Goth) et Sam (Matthew Stagg), qui font le pacte de rester reclus dans ce lieu, pour ne pas être séparés alors que leur mère meurt. Voici les principales données au cœur du premier long-métrage de Sergio G. Sanchez, Le Secret des Marrowbone. Egalement scénariste du film, c’est d’abord l’écriture qui a réussi à Sanchez, notamment grâce au succès espagnol de L’Orphelinat (J.A Bayona, 2008) pour lequel il fut récompensé du Goya du meilleur scénario original, tandis que Bayona obtenait celui du meilleur réalisateur. Le Secret des Marrowbone, nouveau-né des entrailles du cinéma d’épouvante et fantastique espagnol de ces dernières années, peine à ne pas être perçu comme une réplique balisée de son prédécesseur, jusque dans ses défauts. Le film témoigne par exemple du même soin du détail et du décor que dans L’Orphelinat, d’une manière qui fait parfois passer certains plans pour des tableaux vivants, crispant les séquences, leur potentiel de saisissement, ainsi de ces scènes où les quatre personnages sont réunis, en groupe, figés dans la peur d’un hors champ menaçant, chacun ayant une place que l’on sent très délimitée dans le cadre. Tout comme les peintures écaillées de la maison insalubre paraissent bien souvent trop vernies face au magma déliquescent sensé tramer le fim.

 





Verdure et maison

Si les vivants sont plus emmurés que les morts dans le long-métrage, celui-ci laisse dans une relative sensation de détachement, quels que soient ses nœuds dramatiques : le secret (qui ne le reste pas longtemps) d’une tragédie sordide, du traumatisme et une dernière partie qui redéplie l’œuvre et la fait basculer, à l’aune de la folie individuelle. L’inquiétude malaisante de l’oeuvre repose davantage dans les grands yeux bruns d’Anya Taylor-Joy, actrice dont le visage singulier, d’un captivant mystère, sied au genre, en témoigne sa présence dans le dernier et poignant Night Shyamalan Split, sorti l’an dernier, ou dans The Witch (Robert Eggers, 2016), et dans les infimes bruissements de la végétation qui entoure la demeure de Marrowbone, que dans l’ensemble des motifs d’épouvante présents. Cette verdure qui entoure les lieux, comme la côte du Maine qui sert de décor extérieur, infiltre par moments nos rétines, à travers des herbes folles, moins tenues que l’architecture, défiant la vétusté grise de la maison, dont les caractéristiques attendues (intérieurs en déshérence, miroirs brisés) finissent là aussi par lasser. La maison est pourtant, comme l’a montré  Alice Laguarda dans un livre inspirant (Des films et des maisons – La périlleuse trajectoire de l’homme vers son humanité, Rouge Profond, 2016), un espace de représentation labile, qui ouvre à bien des imaginaires et des interprétations. A ce titre, il est dommage que le cinéaste l’emmure comme ses personnages.

Titre original : Marrowbone

Réalisateur :

Acteurs : , ,

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Genre :

Durée : 151 mn


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