Revue Jeune Cinéma : Décembre 2007 - Numéro 314


Revue Jeune Cinéma : Décembre 2007 - Numéro 314

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Edito de la revue de Jeune Cinéma (N°314)

Ce dernier numéro daté 2007 paraît tardivement (mais nous l’avions annoncé dans la précédente livraison) de façon juste assez décalée pour que la revue puisse adresser ses voeux les plus chaleureux à ses fidèles lecteurs - que nous souhaitons, égoïstement, plus nombreux en 2008, afin de parvenir à publier les huit numéros annuels dont nous rêvons depuis si longtemps. À force de sortir des numéros doubles, nous avions oublié combien notre format « normal » de 76 pages constituait une camisole étroite : même en limitant le nombre des photos, en utilisant tous les recoins – et pourtant, pas de place perdue pour cause de publicité ! -, il nous a fallu trancher dans le vif. Deux des dossiers du sommaire ont été ainsi scindés, plusieurs comptes rendus de festivals reportés, les divagations suspendues, l’édito réduit comme peau de chagrin, afin que la diminution de l’espace ne s’accompagne pas d’un déséquilibre dans la variété. Exercice délicat que nous ne pratiquons qu’avec déplaisir, le dos au mur : le prochain numéro (315/316, début avril) retrouvera toute sa dimension.

Comme d’habitude, nous éviterons les bilans, d’autant que parmi les plus beaux films vus en 2007, quelques-uns (celui des frères Coen, Le Bannissement de Zviaguintsev, Import/Export de Seidl, Capitaine Achab de Philippe Ramos) ne sont pas encore sortis. Constatons simplement que la folie multiplicatrice de l’offre (plus de 600 films présentés) n’a pas déclenché une demande équivalente : le nombre des spectateurs a baissé de presque 6% et les films français ont perdu 8% de parts de marché – ce qui laisse augurer un avenir inconfortable, versons une larme furtive, pour l’actuelle ministre de la Culture, puisqu’il semblerait que son action sera jugée à cette aune.

Le futur est rien moins que radieux. Entre la guerre des exploitants et les récentes décisions ministérielles concernant le CNC qui tourneboulent la profession, le paysage tend doucement vers le champ de ruines. Il ne restera bientôt que les autels particuliers pour sacrifier au culte des images, à condition que le marché du DVD ne persiste pas à s’effondrer comme les derniers chiffres le font craindre.

Faisons en attendant comme si de rien n’était. Le trimestre sera sous le signe d’Alain Resnais, que l’on hommagera d’un coin à l’autre de l’Hexagone (Toulouse, Lyon, Centre Pompidou). On ne pouvait commencer l’année sous de plus favorables auspices. Et si le cinéma meurt un jour, au moins aurons-nous vécu ça. L’oeuvre est inépuisable, on le savait depuis Hiroshima, mais il est bon de pouvoir le vérifier, d’autant que des raretés sortiront de leurs boîtes : par exemple, ses films des années 40 sur les peintres, que l’on ne voit que tous les vingt ans. Et rêvons sur son Harry Dickson mort-né, que la parution du scénario de Frédéric de Towarnicki (éditions Capricci) nous fait définitivement regretter.

Lucien Logette




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