D'après le roman de Ton Satomi. Ayako vit avec sa mère et refuse de se marier. La mère pense que sa fille se sacrifie pour ne pas la laisser seule. La fille croit qu’elle la pousse à quitter le foyer pour pouvoir se remarier. Contre l'avis sa hiérachie, Ozu exige (son statut de grand maître le lui permet) que l'on débauche Yôko Tsukasa de la Tôhô. Tsukasa est l'autre actrice vedette, avec Setsuko Hara, de cette compagnie. En échange, Ozu tournera un film pour la Tôhô : Dernier caprice. Ses producteurs ayant cédé à ses exigences, Ozu n'a pas droit à l'erreur. Le tournage est tendu, Ozu avoue perdre confiance en lui par moments. Le 22 octobre 1960, il note dans son carnet : « même au singe, il arrive de tomber de l'arbre. Mais le singe n'en perd pas pour autant sa dignité. Il est respectable tant qu'il reste lui-même. » « Parfois les gens rendent les choses simples très compliquées. L’essence de la vie qui semble complexe peut être simple de façon totalement inattendue. C’était mon but dans ce film. Et, en plus, il y a quelque chose à quoi j’ai pensé longtemps et que je faisais de plus en plus. Il est très facile de montrer l’émotion dans un drame : les acteurs pleurent ou rient et cela crée dans le public des sentiments de tristesse ou de bonheur. Mais cela n’est qu’une simple explication. Pouvons-nous vraiment peindre la personnalité et la dignité d’un homme en faisant appel aux émotions ? Je veux donner aux gens le sentiment de la vie sans retracer les hauts et les bas dramatiques. C’est ce que j’ai essayé de faire dans ce film. J’y ai pensé depuis les Frères et les Soeurs Toda mais c’est très difficile. Cette fois j’ai assez bien réussi mais c’était loin de la perfection. » Yasujiro Ozu
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