Une troupe de kabuki débarque dans un petit village. Un des acteurs de la troupe à eu une aventure avec une femme de ce village. Sa maîtresse découvre la vérité... "Même à l’époque où Kenji Mizoguchi était vivant on m’avait demandé de réaliser un film pour la Daiei. Nagata, le président de la compagnie, m’avait demandé de diriger un film pour lui, mais j’avais un contrat avec la Shôchiku pour un film par un. Et d’ordinaire un film me prend un an. Mais cette année-là j’ai fini Bonjour tôt dans l’année et j’avais assez de temps pour en tourner un autre. C’est pourquoi j’ai pu tenir ma promesse ancienne. Il y a des années j’avais fait un film muet (Histoire d'herbes flottantes, 1934) à partir de cette histoire. Mais je voulais la tourner une nouvelle fois dans les régions enneigées du Hokuriku, aussi écrivis-je un scénario intitulé l’Acteur de bois (Daikon yakusha) et j’envisageai de le diriger pour la Shôchiku. Mais cette année-là nous eûmes très peu de neige si bien que je ne pouvais pas filmer des plans pittoresques de Takada ou de Sado. Aussi je m’arrêtai de travailler sur ce film pour un certain temps, puis je changeai la saison et le décor et le tournai pour la Daiei. Ce film est ce qu’on appelle "Mono no aware" [profond sentiment des choses] ou une histoire traditionnelle. Bien que le décor soit contemporain, l’atmosphère est celle de l’époque Meiji. Cela aurait pu être un film dans le "style Meiji" mais il n’y avait aucune nécessité de le faire ainsi. De plus il aurait fallu faire des recherches difficiles sur les costumes et les mœurs. Aussi ai-je simplement transformé une histoire traditionnelle en une histoire moderne. Miwagawa, le chef opérateur [Rashômon, Contes de la lune vague, etc.], s’est donné beaucoup de mal et a expérimenté différentes choses pour ce film, si bien que j’ai commencé à comprendre ce qu’est un film en couleurs. Par exemple, il est nécessaire d’avoir un certain éclairage pour chaque couleur pour l’empêcher d’être différente à l’écran de ce qu’elle est pour notre regard. Aussi lorsque vous essayez de filmer deux couleurs différentes, avec la même quantité de lumière l’une est détruite. Vous devez donc choisir quelle couleur vous voulez voir estompée. C’est ce que j’ai appris pour la première fois. Le cinémascope est devenu populaire à cette époque. Je n’avais pas eu l’intention de réaliser un film pour écran large et pourtant je changeai peu à peu en devenant conscient de ce format. Par changement je ne parle pas de quelque chose de soudain mais de changements progressifs et inconscients. Par exemple le nombre gros-plans et de plans brefs commença à augmenter. En fait ce film doit avoir plus de plans brefs qu’aucun autre film japonais récent. » Yasujiro Ozu
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