Tané est une vieille femme un peu seule. Un jour, un enfant dont le père est porté disparu est receuilli par son propriétaire. Celui-ci décide d'organiser un tirage au sort pour savoir lequel de ses locataires sera chargé de s'occuper du petit. C'est Tané qui est désignée par le sort. Bien sûr, au début, elle se plaint ; mais progressivement, elle va s'attacher au petit garçon... Pour son premier film d’après-guerre, Ozu traite avec distance une histoire réaliste, et perturbe les spectateurs de l’époque éprouvés par la destruction du pays. Ce film lorgne plus vers ses films d’avant-guerre que le suivant, Printemps tardif. Les scènes entre la femme et le garçon évoquent plus les grands moments des films d’Harry Langdon ou de Chaplin – tradition américaine - que le propre style qu’Ozu avait élaboré au cours de ses 39 films précédents. « A mon retour de Singapour [reporter puis prisonnier de guerre], j’étais épuisé mais la compagnie voulait faire un film immédiatement. J’ai terminé le scénario en dix jours. Personne ne pensait que je pouvais travailler si vite ; je leur ai dit que c’était la première et la dernière fois et que je n’écrirais plus jamais avec une telle hâte. J’avais vu beaucoup de films étrangers à Singapour et certains pensaient que leur influence m’aurait changé. Mais regardez Récit d’un propriétaire : rien n’a changé, c’est la même chose qu’auparavant. Certains disent qu’Ozu est vraiment un busard obstiné. » Yasujiro Ozu
Toutes les sorties de cette semaine (1)