Cannes 2018, jour 6 : Gaspar Noé et son Climax de l’espace


Cannes 2018, jour 6 : Gaspar Noé et son Climax de l’espace

Enfin un film percutant, original et… sacrément barré. Vive Gaspar Noé !

Article de Stéphanie Chermont



Naître et mourir sont des expériences extraordinaires. Vivre est un plaisir fugitif.

Voilà résumé en deux phrases le propos du film de Gaspar Noé (Love, 2015, Enter The Void, 2009) projeté hier au Festival de Cannes, en sélection Quinzaine des Réalisateurs. Pour vous donner un peu plus de précisions, le réalisateur nous embarque dans un huis-clos de l’enfer, entre danse - une troupe spectaculaire - et rapports humains déjantés. Son Climax, c’est l’apogée métaphorique d'une ascension au sommet d’une montagne enneigée. Ce groupe de jeunes venus d’un peu partout s’avère bien complexe. Une mère avec son enfant, des filles sexy, des hommes dragueurs, des hommes qui aiment aussi les hommes, des drogués, etc. Et au final, une sorte de cohérence entre eux, représentée par la chorégraphe de ce projet fou qui touche à sa fin. Et puis au cours de cette fête, une descente aux enfers.



« J’ai toujours été fasciné par les situations où le chaos et l’anarchie se répandent soudainement, que ce soit lors des bagarres de rues, des séances de chamanisme avec psychotropes ou des fêtes dans lesquelles les gens trop alcoolisés perdent tout contrôle en groupe », nous indique Gaspar Noé dans son dossier de presse. Autrement dit, il s’est fait plaisir en explorant cinématographiquement ce qui l’attirait, à savoir la résistance du groupe face à la déchéance, les drogues ou l’alcool. Pourquoi Climax est-il un film génial ? Car c’est exactement ce que l’on cherche à voir à Cannes. Du spectaculaire, l’univers d’un réalisateur qui ose tout et surtout, une épopée filmée avec un vrai talent, sans hésiter une seconde, comme si nous étions dans sa tête. Merveilleux.

Gilles Lellouche et son excellent Le Grand Bain

L’acteur est passé derrière la caméra pour une comédie surprenante. C’est dans les couloirs de leur piscine municipale que Bertrand, Marcus, Simon, Laurent, Thierry et les autres s’entraînent sous l’autorité toute relative de Delphine, ancienne gloire des bassins. Ensemble, ils se sentent libres et utiles. Ils vont mettre toute leur énergie dans une discipline jusque-là propriété de la gent féminine : la natation synchronisée. Idée plutôt bizarre a priori, ce défi leur permettra finalement de trouver un sens à leur vie...

Un grand casting dans le Grand Bain, Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, Marina Foïs, Jean-Hugues Anglade, Philippe Katerine, Leïla Bekhti ou encore Virginie Efira. Pour cette troupe, Gilles Lellouche a écrit un film drôle, qui s’avère efficace et original. Finalement, c’est peut-être le film le plus féministe que l’on ait vu jusque là car, sans le vouloir peut-être, le réalisateur féminise une bande de potes version Monty Python, pour la pratique d'un sport étiqueté féminin. Dans leur malheur, ils se vengent de la vie et boudent leurs problèmes. Une belle claque à laquelle on ne s’attendait pas.


A suivre au Festival, le film de Spike Lee Blackkklansman et Les Chatouilles d’Andréa Bescond et Eric Métayer.


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