Festival de Cannes, Jour 6 : D'une vie simple à une vie sanglante ou bourgeoise


Festival de Cannes, Jour 6 : D'une vie simple à une vie sanglante ou bourgeoise

Du sang dans le Yorgos Lanthimos, de l'envie de mourir dans le Haneke. S'en suit une comédie enlevée à La Quinzaine et un documentaire trop long à l’ACID.

Article de Stéphanie Chermont, Jean-Michel Pignol



Yorgos Lanthimos nous fait vivre l'angoisse en projection matinale

Le réalisateur Grec de The Lobster a décidé de nous rendre malade, dès la projection de 8:30. Pour son film en Compétition officielle, Mise à Mort du Cerf Sacré, dans une esthétique très sanglante et fantastique, Yorgos Lanthimos a choisi de raconter l'histoire d'une famille unie qui, un jour, se retrouve confrontée à la haine d'un jeune garçon tordu et rongé par la vengeance. Dans la peau du père de famille, chirurgien brillant, Colin Farrell, à la barbe implacable. Et pour jouer la mère, Nicole Kidman, que l'on retrouve froide et imperturbable. Chapitré, millimitré pour nous retourner les tripes, le film nous a laissé perplexe. Avait-il vraiment sa place en Compétition ? Bien loin de l'excellent The Lobster, Mise à Mort du Cerf Sacré semble prétentieux, dans son histoire et dans sa mise en scène. On se perd dans ces longs plans léchés, cette histoire absurde qui rend malade et ne donne pas envie de rester dans la salle. De quoi nous couper l'appétit cinéphile ! 

Michael Haneke et son Happy End

Après une heure et demie d'attente hier pour voir le film, en Compétition aussi, et un refus d'entrée en salle, le film a suscité énormément d'enthousiasme à Cannes. S'ouvrant par une scène filmé comme sur Snapchat, avec en commentaire, la voix d'une adolescente de 13 ans, on ressent l'envie chez Michael Haneke d'explorer de nouveaux terrains filmés, d'utiliser toutes sortes de vidéos et de manières de raconter des histoires, en ancrant son histoire dans notre réalité, notre quotidien. Même si le début du film nous a paru un peu long, très vite, le réalisateur Palmé pour Amour revient à ce qu'il sait faire de mieux. Se plonger de manière puissante dans les émotions et les ressentis d'êtres qui se confrontent, se cherchent, se questionnent. Isabelle Huppert, Mathieu Kassovitz et Jean-Louis Trintignant sont très bons dans leurs rôles et forment une famille bourgeoise atypique, berçée par des règles et des questionnements tragiques. Un film réussi, même si critiqué ici sur la Croisette, que l'on verra dans nos salles le 18 octobre. 

Par Stéphanie Chermont




Une vie simple


De tabou, la transsexualité est devenue aujourd’hui un sujet prisé par les auteurs. De nombreux métrages sur ce thème ont postulé à l’ACID cette année. "Nous avons choisi Coby pour sa sincérité, son absence de pathos et voyeurisme" nous confie, en préambule un des programmateurs de la sélection. La séance vient confirmer ces propos. Trois temporalités rythment le récit : le passé de jeune fille de Coby, composé de vidéos et photo personnelles, les étapes du processus médical et psychologique, toujours filmé avec pudeur, et, enfin le temps présent au travers du quotidien du jeune homme. Ce procédé trop systématisé montre rapidement ses limites. Les témoignages des proches se répètent. L’absence de point de vue conduit au détachement. Si Coby reste un beau témoignage, un moyen métrage aurait été plus adapté.
 



Chacun cherche son père


Le dernier Catherine Tardieu, Du vent dans mes mollets, date déjà de cinq ans, la réalisatrice concourt cette année à La Quinzaine avec Otez-moi d’un doute.Tandis que sa fille, enceinte refuse de dévoiler l’identité du géniteur à son père, Erwan, ce dernier découvre que l’homme qui l’a élevé n’est pas son père biologique. C’est le début d’une longue série de rebondissements et de découvertes autour de la question de la paternité. Certes, certaines situations comiques et émotionnelles semblent convenues mais la réalisatrice n’a pas son pareil pour éviter les pièges d’un scénario purement mécanique. Un brin de folie altruiste de l'un des personnages et le récit repart dans le bon chemin, celui de l'acceptation, celui de la maturité. Tendre et loufoque, la touche Tardieu apporte une note de fraîcheur salutaire dans un paysage comique français bien tristounet par ailleurs.

Par Jean-Michel Pignol


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Fiche du film


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