La sortie sur les écrans français du nouveau
Star Trek est l’occasion pour son équipe d’une tournée promotionnelle parisienne, à laquelle nous avons été conviés. Misant sur le glamour, la conférence de presse exhibait ainsi ses principaux acteurs, dont Chris Pine, Zachary Quinto et Zoé Saldana, insistant tous trois sur l’importance de leur collaboration avec leurs modèles de la série originelle, ainsi qu’Eric Bana, s’amusant du fait d’être totalement méconnaissable dans le film.
Mais le maître de cérémonie était sans conteste le producteur réalisateur J.J. Abrams, autoproclamé pape des Geeks, très à l’aise dans l’exercice promotionnel, avec un discours ne déviant jamais de la ligne fixée. Le créateur de
Lost (même s’il avoue ici l’importance du producteur Damon Lindelof après la première saison), au look hollywoodien branché avec lunettes rectangulaires comprises – qui n’est pas sans faire penser à celui de Justin Theroux dans
Mulholand Dr. (en apparemment plus sympa, moins cynique et moins arrogant) –, rappelle donc à l'envie le plaisir pris à filmer cet univers – qui ravira, il en est sûr, les fans comme les non initiés –, à collaborer avec ces acteurs ; que la thématique la plus importante du film, n’est pas le rapport à la technologie, mais la foi dans l’humain, et que les effets spéciaux doivent passer après la construction des personnages et l’écriture d’un bon scénario. Qu’on se rassure, le tournage de
Star Trek a bien ressemblé à celui de tout film à gros moyens.
S’il est donc difficile de vraiment apprendre quelque chose sur le film, la conférence de presse nous démontre de manière assez impressionnante cette capacité toute hollywoodienne à retomber dans un discours publicitaire prémaché, et ce qu’elle que soit la question posée. En voici un petit exemple assez amusant :
Journaliste : Sous forme de blague, un site Internet a laissé sous entendre qu’il y avait une relation entre le personnage de Spock et de Kirk. Pensez-vous qu’il y aura un jour dans un blockbuster de science-fiction des personnages gays importants ?
J.J. Abrams : Je l’espère… Mais l’une des choses magnifiques du travail de Gene Rodenberry, c’est qu’il se concentre sur l’humanité tout entière. Ce qui m’a intéressé, c’est cette vision de l’avenir basée sur l’espoir, la collaboration entre les êtres humains, etc.
Au crédit du film, qui se montre très prudent au niveau sexuel, au point où la scène d’amour a lieu… en sous-vêtements, il est vrai qu’on y trouve naturellement des relations interraciales ( même « inter espèces », si l’on peut dire).
Les seuls moments où J.J. Abrams se permet quelques confidences sont ceux où il répond à une question personnelle sur ses goûts d'enfant. Fasciné alors par l’étrange, il est maintenant heureux de voir son nom associé à des projets qui l’auraient passionné étant gamin. Quand il cite
La Quatrième dimension, les films catastrophe comme
Airport ou ceux de S.-F. comme
La Planète des singes comme modèles, on comprend alors mieux son projet – plus proche de celui d'un Spielberg que d'un Burton ou un Lynch, par exemple : faire partager à un public, le plus large possible, les joies d’univers légèrement décalés, quitte à en aseptiser un peu le contenu. Soit exactement ce que réussit à faire sa nouvelle version de
Star Trek.