Deux semaines, donc. Deux semaines entre les deux tours pour faire un choix, puisqu’il faut en faire un. Deux semaines pendant lesquelles on oubliera peut-être un peu le cinéma. Ça tombe bien, y a pas grand-chose, à part à la rigueur pour les fans de super-héros (
Avengers les rassemble presque tous en un seul et même film) ou pour les gens nés entre 1982 et 1986, allez, et qui seront sans doute les seuls à aller voir
American Pie 4 le 2 mai, par nostalgie honteuse mais assumée. Du coup, ici, qu’est-ce qu’on fait ? Parce que le cinéma, c’est, après tout, ce qui nous intéresse.
Nos confrères d’Allociné ont trouvé la ruse, en demandant aux dix candidats, avant le premier tour de la présidentielle, d’établir le top 5 de leurs films préférés. Pour pouvoir orienter son choix en cas d’apolitisme aigu, y a pas mieux. Ne retenons qu’Hollande et Sarkozy, puisque les autres, maintenant, ils peuvent bien aimer ce qu’ils veulent. Hollande d’abord, par ordre purement alphabétique. Il adore les
sixties, c’est sûr –
a priori, il faisait bon vivre dans les salles de ciné :
Spartacus (1960),
Les Cheyennes (1964),
Baisers volés (1968),
Ma Nuit chez Maud (1969). C’était mieux avant ? En tous cas, il n’a rien oublié : Kubrick-Ford-Truffaut-Rohmer, quarté dans l’ordre, pas follement original mais bon, difficilement contestable. Il y ajoute un film « récent », seul représentant du siècle nouveau :
Sous le sable, de François Ozon. Pourquoi pas, c’est vrai que c’est le plus beau film du monsieur.
Sarkozy, lui, a un autre âge d’or, la première moitié du XXè.
La Passion de Jeanne d’Arc (1928, du fameux Dreyer qu’il répète partout adorer), tous les films muets de Lubitsch (parce que quand ça parle, c’est moins bien ?),
L’Atalante de Vigo et
New York-Miami de Capra (tous les deux de 1934),
Rome ville ouverte, de Rossellini (1945). Après la Grande Guerre, point de salut, si ce n’est pour Kubrick et son
Lolita (1962). Parce qu’
Orange Mécanique (1971), il aime moins : c’est bien connu, le film a vieilli côté
« esthétique et propos ». Tout cela est très cinéphile, certes, mais un peu poussiéreux. Notons enfin que, sortis de Rossellini, Messieurs Hollande et Sarkozy sont décidément très franco-américains.
À
Il était une fois le cinéma, et ces trois dernières années l’ont prouvé, on est plus ouverts, aussi bien en terme d’époque (la partie Actu fait la lumière sur les films en salles actuellement ; le Coin du Cinéphile revient sur des films majeurs ou rares des années passées) que de géographie. Rien que cette semaine, la home page du site se partage entre des films britannique (
Tyrannosaur), américain (
Avengers), iranien (
Querelles), bulgare (
Avé), chilien (
Les Vieux chats) et, roulements de tambour, franco-suisse réalisé par une franco-iranienne qui tourne en allemand
(Tue-moi). CQFD.
Hollande dit que
« le changement, c’est maintenant ». Nous n’attendrons pas les résultats pour amorcer le nôtre : après trois années de collaboration au site, je prends avec joie et fierté la rédaction en chef d’
Il était une fois le cinéma. Une nouvelle version graphique et une rubrique toute neuve consacrée aux séries arrivent très bientôt, nous vous en reparlerons plus en détail. Des échanges plus avant entre nos lecteurs et la rédaction continuent d’avoir lieu sur notre
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