Je veux voir, film réalisé par le couple de plasticiens, Joana Hadjithomas et Kahlil Joreige, est sans aucun doute l'événement de cette semaine. Film construit entre fiction et documentaire, cette essai tente de déceler le regard et le comportement face à la guerre du Liban en juillet 2006. Porté par Catherine Deneuve et Rabih Mroué,
Je veux voir est une aventure, pour les acteurs, l'équipe technique du film et pour le spectateur. Lors de l'
entretien qu'ils nous ont accordé, Joana Hadjithomas et Kahlil Joreige revienne sur cette expérience, leur dispositif et l'emprise des images. Je veux voir revient à poser cette question :
« Peut-on apprendre à voir? »
Peut-on apprendre à voir ? Cette question correspond également à l'entreprise de Lech Kowalski. Pendant un an, sur son site
camerawar.tv, le réalisateur new-yorkais propose chaque lundi un documentaire. Affirmant qu'il s'agit d'une
« nouvelle forme de narration et de visionnage filmiques que seul l'internet rend possible », Lech Kowalski interroge la condition même du cinéma en pleine mutation et à l'heure du numérique. Acte engagé et innovant, Lech Kowalski nous explique lors d'une
interview son geste de créateur du XXIe siècle.
Et sans les critiques, le regard percutant, audacieux et subjectif existerait-il ? A l'occasion de la sortie du livre
Que fait la critique ? de Frédérique Toudoire-Surlapierre, notre rédacteur a
interrogé Meriam Azizi, Jean-Luc Douin, Monique Neubourg, Claudine Levanneur, Mathilde Lorit, Patrick Fabre, Emmanuel Burdeau,Sarah Mersch, Olivier de Bruyn et Caroline Vié. Tous ont répondu présents pour s'exprimer sur leur métier, argumenter sur l'exercice critique et commenter la condition - critique parfois - du «critique » de nos jours.
Enfin,
Bye Bye Blackbird de Robinson Savary, petit-fils de Charlie Chaplin. Divisé en deux parties distinctes, le film relate les aventures de Josef, ouvrier sur des chantiers en hauteur qui tombe amoureux d’Alice, trapéziste de renom. Tous deux vont partager un numéro de voltige dans un cirque alors menacé par l'arrivée d'autres formes de spectacles. Subtil, à la narration limpide, ce premier long-métrage surprend par sa qualité formelle, son onirisme, ses scènes de cirque époustouflantes et son foisonnent graphique.
Laissons le mot de la fin à Win Wenders :
“Il est rare de voir un premier film aussi beau visuellement que Bye Bye Blackbird, aussi solide dans sa narration et aussi parfait dans son casting.”
Bonne lecture à tous !