La cuisine est notre affaire !

La cuisine est notre affaire !

La cuisine est notre affaire !

Article de Clémence Imbert

A un mois des Fêtes de fin d'année, préparons les crises de foie.


En avance d'environ un mois, le Laboratoire passe à table, invite quiconque se plaît à déguster des plateaux-repas ou dîners divers et variés aux accents ciné. Menu unique mais formule complète.


Départ sur les chapeaux de roues avec Pierre Gagnaire, son énergie, sa dextérité et sa maîtrise. En véritable artiste, le chef crée une recette, compose l'écriture d'un plat et peaufine son esthétique. Après cette relation intime entre un homme et son art, le partage peut se supposer. Le calme des cuisines avant la tempête...

Une bouchée avalée et les langues se délient. Le drame, le clash, les moments de vérité éclatent et sont sollicités par le cinéma français. De Vincent, François, Paul et les autres à Un Air de Famille ou encore Cuisine et dépendances, retour sur une spécialité française : les comportements extrêmes et les verbes incisifs dans les groupes sociaux enfermés entre quatre murs.


Il est temps de souffler, de faire une pause cigarette, de retrouver une certaine sérénité grâce au livre d'Adrien Gombeaud, ouvrage incombustible et à couper le souffle ! Mais force est de constater que le tabac n'est pas favorable au calme, plutôt à l'affirmation d'une identité, d'une personnalité. La cigarette est l'apanage des rebelles comme James Dean ou des déesses immortelles telles Audrey Hepburn. « Burn » signifie brûler, quelle coïncidence ! Tabac et cinéma vont de pair. Se délecter dans un temps suspendu, se consumer à petits feux ou brûler les étapes tels Sailor et Lula pour finalement  se cristalliser dans un nuage de fumée, et devenir éternel.


Fin gourmet, Alfred Hitchcock parsema ses films de repas, d'ustensiles pour criminels et de pauses culinaires pour ses enquêteurs amateurs. Dès Chantage, son premier film parlant, l'héroïne tue un individu avec un couteau de cuisine, couteau que l'on retrouve dans Fenêtre sur cour en 1955. En toute logique, le maître du suspense alimente sa trame dramaturgique de repas. Ils deviennent accessoires, transitions et images mémorielles incontournables. Agrémenté du livre de Anne Martinetti et François Rivière, La Sauce était presque parfaite, la relecture des oeuvres d'Hicthcock se fait avec plaisir et délectation.


*Supplément : Antoine Coppola dans Introduction au cinéma de Guy Debord et de l’avant-garde situationniste interroge le cinéma du cinéaste et bouscule nos habitudes perceptives.


Bon appétit à tous !

(Nul besoin  d'ajouter que ceci est à consommer sans modération !)
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