Et non ! ce ne sont pas les rédacteurs du Laboratoire qui ont sauté en parachute, mais Antoine de Maximy. Il voulait un début hors du commun pour son premier long-métrage (c'est le cas), mais plus probable serait l'hypothèse d'un rapprochement des «O.F.N.I» (objets filmiques non identifiés). Parti seul, uniquement accompagné de trois caméras, Antoine de Maximy déplace le concept de son émission télévisée «
J'irai dormir chez vous» sur grand écran. Le résultat est sublime,
J'irai dormir à Hollywood (en salles le 19 novembre) parcourt le sol américain, croisant les mille et un phénomènes d'outre-atlantique.
Fini le format 52 min, son ambition était de réaliser un vrai
voyage, un «
road movie ». Les Etats-Unis, terre du cinéma et des vastes étendues, méritaient bien un long-métrage de 1h38. Et nous, méritions bien... Antoine de Maximy !
Rencontré au Festival du Film Grolandais de Quent-Plage, ce baroudeur intrépide revient sur le rythme soutenu de l'expédition, ses longs mois de préparation et son compagnon impromptu : un corbillard rouge auquel il a redonné vie.
Comme son nom ne l'indique pas, St François D'Assise fut un grand voyageur. De la ville d'Assise en Ombrie jusqu'en Egypte, le saint patron des pauvres a prêché la « fraternité » (bien avant Ségolène Royal !). Dans le film
Les 11 Fioretti de Saint François D'Assise, le maître du cinéma moderne, Roberto Rossellini, retrace la vie de ce saint et s'inspire des fresques de Giotto pour construire sa trame narrative. L'économie de moyens et l'épure de la forme, en un mot la
simplicité, permettent une entrée dans la vie monacale, la compréhension de leur relation au divin. Tourné avec des moines, en lumière naturelle,
Les 11 fioretti de St François D'Assise atteint la grâce et la sensibilité d'une oeuvre
sacrée.
Arrivée à Los Angeles, sa destination finale, Antoine de Maximy désirait dormir chez une star, voire sans doute chez la plus prisée d'entre toutes : Angelina Jolie. Manque de chance, elle séjournait bien à Los Angeles, mais dans les années 20 ! Alors que le dernier opus de Clint Eastwood,
L'Echange, fresque mêlant mélodrame et polar, est en salle, le Laboratoire
revient sur les personnages du cinéaste américain. Grand humaniste, la question de L'Autre façonne son oeuvre, d'
Un Monde Parfait à
Million Dollar Baby, en passant par
Sur la route de Madison. Oscillant entre ombre et lumière, entre douleur et espoir, ses films fustigent le rapport radical au réel. Le doute, la crainte, la possibilité d'une méprise et par conséquent, l'appel du spirituel et la croyance imprègnent ses récits et bouleversent notre propre perception.
Enfin, si les grands espaces états-uniens effraient, le minimalisme du cinéma japonais servira de réconfort. Du 19 au 25 novembre, à Paris et dans certaines villes de province,
le Festival Kinotayo offre l'opportunité de comprendre «
la culture, de l’histoire et des modes d’expression japonais, en contribuant à une plus large diffusion de la création cinématographique du Japon ». La compréhension culturelle fut aussi l'apanage de Michelange Quay pour
Mange ceci est mon corps. Très réussi, son premier long-métrage est une expérience visuelle, sonore et émotionnelle. A l'occasion de
l'entretien accordé à notre rédacteur, ce jeune cinéaste revient sur une problématique essentielle qui conjugue plaisir et complexité : peut-on apprendre à voir ?
Bonne lecture à tous !