Monsieur Woody Allen, irez-vous dormir à Hollywood ?

Monsieur Woody Allen, irez-vous dormir à Hollywood ?

Monsieur Woody Allen, irez-vous dormir à Hollywood ?

Article de Clémence Imbert

Antoine de Maximy l'a fait et en ressort convaincu. Hollywood, ou les frontières de l'aube pour de bien belles personnes.


A 73 ans (dans deux mois), Woody Allen surprend toujours. Vicky Cristina Barcelona, 44ème long-métrage tourné dans la cité catalane, est une fable légère, composée avec grâce et sublime. Mais la question essentielle d'une longévité filmographique se pose, paradoxalement, autour des difficultés économiques d'un marché américain anarchique et exclusif (les producteurs ont droit de regard sur le scénario et le montage, laissant ainsi au ban les cinéastes les plus indépendants). Peut-être Woody Allen est-il le cinéaste américain le plus pétri  de cinéphilie et d'aura européennes. Refusé par la plupart des financiers de son pays, il préfère la liberté de la vieille Europe. Mais pour quelles raisons ? Financières, il ne fait aucun doute. Pour la curiosité géographique et architecturale, il est fort probable.

Sa dernière production est l'occasion de revenir sur son Escapade Européenne. Cinéaste de l'urbain,  il a trouvé en Londres un épigone de New York. Ville liée aux Etats-Unis tant par l'Histoire que par la Culture, les personnages de Scoop, Match Point et du Rêve de Cassandre se repèrent dans les rues de la capitale anglaise grâce à une structure identique, éclairant ainsi l'ampleur du rôle de l'architecture dans la construction dramatique. Mais la surprise vient de Barcelone. Woody Allen innove dans la représentation de l'urbanité en lien avec le récit. Etant tombé sous le charme de Barcelone (et de Pénélope Cruz !), l'aura dégagée par cette dernière enveloppe de douceur et de volupté les jeunes américaines en vadrouille. Grande réussite. Woody Allen n'est pourtant pas rancunier, son prochain film, Whatever Works, fut déjà tourné à New York. Mais ira-t-il jusqu' à dormir à Hollywood ? La réponse est incertaine. Peu importe, Antoine de Maximy l'a fait. La Mecque du Cinéma établit le point de chute d'un road-movie entraînant à travers le vaste pays du cinéma. Invité du Festival de Groland, il nous accorda un entretien à l'image de son film : spontané, attachant, passionnant.
 
Malgré la grande différence d'âge, la question pourrait aussi être posée à Louis Garrel. Jeune étalon français semblant tout droit désigné pour être plébiscité par Hollywood, à l'affiche de La Belle Personne, film de son «grand frère » Christophe Honoré, et de La frontière de L'aube, de son père Philippe Garrel, le « successeur » de Jean-Pierre Léaud est partout, derrière et devant la caméra ( Mes copains, premier court métrage présenté à Cannes cette année), mais aussi sur les pages glacées des magazines. A une époque où les familles du cinéma envahissent le métier, les initiales  "L.S." semblent dévorer un pan entier du cinéma d'auteur français :  Laura Smet et Léa Seydoux. Tous  ces « filles et fils de »  ont gagné leurs galons désormais incontestables d'acteurs, à commencer par les deux figures féminines  entourant aujourd'hui sur les écrans le jeune Louis Garrel. Regard ténébreux, attitude « bobo », qualité de jeu et choix filmiques pertinents... Le portrait de ce leader d'une possible  « génération Garrel » ne pouvait  sans doute être que brossé...

Vraissemblablement, Hollywood fait rêver, attire, surprend, rebute... Chacun son point de vue !

Bonne lecture à tous !


 
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