Rentrée toute en "cocorico"

Rentrée toute en

Rentrée toute en "cocorico"

Article de Clémence Imbert

On y est, c'est la rentrée. Et une fois n'est pas coutume, faisons honneur au cinéma français. Antoine de Baecque et David Vasse ébauchent un débat sur la cinéma d'auteur, prolongé par nos rédacteurs et, on l'espère, par vous, chers lecteurs.


"On ne m'a pas laissé une chance de faire les scènes telles qu'elles étaient écrites ou telles que je les avais imaginées. Mauvais producteurs, mauvais partenaires... Rien n'a été respecté. Fox nous a envoyé ses avocats sur le plateau".

Mathieu Kassovitz, par qui ces mots ont été prononcés lors de la promotion américaine de son –  malheureux – Babylon A.D, n'est pas tendre avec les producteurs d'outre-atlantique. Le réalisateur de Métisse et de La Haine regretterait-il ses anciennes diffamations contre le cinéma de papa et la qualité française ?  Et si le cinéma français existait bel et bien, dans ses maladresses et prouesses ?

Le Laboratoire n'a pas pour objectif de défendre ou d'infirmer les sous-entendus de Matthieu Kassovitz sur les affres de l' industrie hollywoodienne, ou de conforter les dires d'un cinéma français léthargique, voire cadenassé dans l'apathie et la redondance, pour certains. Face à la contestation chère aux gaulois, ce laboratoire entièrement consacré au cinéma français, permet au contraire de soulever le débat, de débroussailler l'arbre qui cache la forêt, de couper court aux préjugés.

Alors que la bataille des éditeurs a commencé, deux livres nous offrent l'opportunité d'amorcer la question du legs du cinéma « d'auteur » et de faire le bilan des récentes années. Ces deux ouvrages, Feu sur le Quartier Général ! de Antoine de Baecque et Le nouvel âge d'or du cinéma français de David Vasse, ne font pas partie des 676 romans de la rentrée littéraire mais sont tout autant incontournables, didactiques, passionnants et discutables.

Antoine de Baecque traverse l' « histoire du cinéma » et tente de redorer le blason de la Nouvelle Vague. Son écrit, dans le fond comme dans les choix de ses intervenants, s'inscrit pleinement dans l'héritage des Cahiers du Cinéma et exalte le pouvoir cinéphile. A l'inverse, David Vasse radiographie les tendances et nouveaux écrins des années 90-2000, dans une hagiographie sans verve, mais qui a le mérite de reconnaître et de clarifier la propension française au social et aux facondes d' extériorisations.

Ainsi, nos rédacteurs, après une présentation et analyse de ces livres, argumentent chacun de leur point de vue sur les bienfaits ou non de « la politique des auteurs ». Issu de la Nouvelle Vague, ce terme peut-il trouver une pérennité formelle dans la génération actuelle, sans devenir obsolète ni caricatural ?

Qui, des Desplechin, Honoré et consorts, s'émancipera de ce lourd héritage français...

Bonne lecture et bon débat à tous !
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