La saison estivale est et restera une période creuse, sans vagues ni courants propices à une avalanche de films enthousiasmants. Pourtant, ne laissons pas les méninges s'engourdire par tant de vacuité, et navigons vers d'autres supports d'interprétation visuelle, éloignés des circuits de grande distribution. Voyage à remonter le temps et retour vers le futur.
Ainsi, de la mer Baltique aux Etats Unis, il n y a qu' un pas, et Aki Kaurismaki le franchit allègrement. Nos rédacteurs proposent de poursuivre l'approche du cinéma finlandais qui fait face à une perte de ferveur nationale et un marché sclérosé car globalisé. Pourtant, son rayonnement est bien réel et dû à l'unique figure emblématique de Aki Kaurismaki. Bercé par l'imagerie des comics, du Technicolor, sa carrière,
longue de 25 ans, réunie grâce au coffret «
Tout Aki Kaurismaki » édité par Pyramide Films, se révèle profondément humaine, sociale et mélancolique. Telle une composition picturale, chacun de ses cadres est régi par une dynamique chromatique, contrastée et lumineuse. Ce cinéaste du Grand Nord est indéniablement un virtuose de la forme qui convainc du lien ténu entre photographie et cinéma. Cette relation complice et esthétique se retrouve également dans le premier court-métrage de Louis Garrel. Sans pathos ni complaisance, il présente ses
Copains et transforme un moment fugace en une peinture gravée sur grand écran.
Avant de se délecter devant les portraits bling-bling de Annie Leibovitz, le musée d'Orsay propose de remonter le temps, de
revenir aux premiers balbutiements de la photographie. « Le Daguerrotype-Naissance de la photographie » et « L'image révélée-Premières photographies sur papiers en Grande-Bretagne », sont deux expositions qui, d'une rive à l'autre de la Manche, témoignent de la même ardeur à s'aventurer dans le monde de l'image et de conquérir l'éphémère.
Connue pour ses campagnes de publicité et les couvertures de
Vanity fair ou de
Rolling Stone, Annie Leibovitz est avant tout une artiste qui abolit les frontières entre vie privée et vie public. Choquante et gênante, la combinaison des négatifs de Susan Sontag, atteinte d'un cancer, et le graphisme des photos de stars, telle Demi Moore enceinte, s'éclaire de sens et de grâce avec l'appui du documentaire de sa soeur : « Life through a Lens ». L'exposition
A photographer's Life présentée à La Maison de la Photographie, est une première en France et fera date grâce à cette touche-à-tout de renom, alternant nu, paysage, architecture, portrait intime et visage commercial.
En ce mois de canicule et de vide cinématographique, rien de mieux que de répondre à l'invitation des cimaises et des salles climatisées des musées parisiens, présentant des collections riches, surprenantes et didactiques.
Bonne lecture à tous !