Edito de la semaine du 9 juillet 2008

Edito de la semaine du 9 juillet 2008

Edito de la semaine du 9 juillet 2008

Article de Mathilde Durieux


Quand le début de juillet s'apparente pour certains à une de ces autoroutes fuyant vers l'horizon, au risque parfois de substituer au goût d'échappatoire l'odeur des pots d'échappement ; pour d'autres, le retour aux sources se fait dans les salles de cinéma. À l'occasion de rééditions multiples, ces dernières invitent ainsi cette semaine à découvrir, ou se replonger, dans les délices des merveilles léguées par l'histoire : parmi elles, L'œil sauvage d'abord, des réalisateurs Ben Maddow, Sidney Meyers et Joseph Strick, dont la voix off conte, avec une poésie audacieuse, les contradictions de la société américaine des années cinquante ; et Aguirre, la colère de Dieu, bijou mégalomane et géniale épopée sud-américaine de Werner Herzog, qui réitérera l'expérience quelques dizaines d'années plus tard, avec Fitzcarraldo

Le Labo se charge d'autres rééditions de poids : "Les classiques de l'été" revient ainsi sur le Cycle Douglas Sirk (Mirage de la vie, Ecrit sur du vent, La Ronde de l'aube), Le Verdict de Sydney Lumet et Les Hommes préfèrent les blondes d'Howard Hawks. Le retour aux sources, c'est aussi les grands espaces offerts par la comédie d'altitude des frères Larrieu, Le Voyage aux Pyrénées, qui offre aux routiniers Darroussin et Azéma une bonne cure de jouvence, ainsi que les vertus aphrodisiaques du grand air… L'occasion pour le Labo de faire le point sur le parcours des deux frères.

L'actualité est décidément très verte : elle déroule de magnifiques paysages irlandais dans Une épopée, de François Magal, peinture sensible bien qu'alourdie de longueurs, de l'installation d'un jeune couple français en Irlande ; et peint la proximité, suscitée par un deuil, entre un homme et un aigle, dans The hawk is dying. Le deuil et les réactions parfois assez étranges qu'il peut occasionner chez l'être abandonné, voilà également le sujet de My name is Hallam Foe, portrait déroutant d'un jeune adulte que la douleur, suite à la perte de sa mère, porte à la perversité.

Enfin, preuve que le cinéma n'a, lui, pas vraiment pris de vacances, il est encore deux autres façons de s'évader cette semaine : dans l'imaginaire proprement américain des super-héros, avec Hancock, et Will Smith en sauveur flemmard et impopulaire, ou Kung Fu Panda, dernier né des studios Dreamworks ; et dans le gore burlesque de Bienvenue au cottage, à l'humour so british et l'hémoglobine facile…

Et il n'est jamais trop tard pour faire le point sur l'édition 2008 du Festival de la Rochelle, toujours aussi rafraîchissant...
Logo IEUFC