Out


Out

Un film de György Kristóf

Avec Sandor Terhes

Nouveau road-movie d’un genre spécial, "Out" ne vous épargnera rien, pas même l’humour noir.

Article de Jean-Max Méjean 2 étoiles



Si vous n’aimez pas la mer…

Si vous n’aimez ni la mer, ni la pêche, ni le poisson, ni la vodka, ni l’absurde, passez votre chemin. Sinon, savourez ce film bizarre, au scénario improbable mais captivant, sorte de road-movie qui met en scène Ágoston qui, récemment licencié, quitte sa famille en Slovaquie pour parcourir l’Europe de l’Est à la recherche d’un nouvel emploi et le désir de pêcher un gros poisson. L’histoire commence par une scène sinistre à l’usine où l’on assiste, comme dans la plupart des pays du monde, à un discours lénifiant d’un chef d’entreprise sur les mérites de ses ouvriers mais qui en licencient presque la moitié. On entre difficilement dans ce film car il n’est nullement militant. Ágoston, alors que sa femme continue à travailler, semble parfaitement s’adapter à sa nouvelle vie d’homme au foyer sauf qu’il ne sait pas faire grand-chose, à part casser le lave-linge. Apparemment, il ne s’y adaptait qu’en apparence.
 



On the road again


Le voici alors sur les routes, occasion de nous le montrer à la rencontre de différents individus dans des situations cocasses parfois, sinistres souvent : dans un bar où il faut se déshabiller pour avoir une bière gratuite ; dans une entreprise qui le licencie aussitôt pour un retard fictif ; à la rencontre d’une femme étrange qui transporte avec elle un lapin sans oreilles, dont il héritera. György Kristóf et ses scénaristes dressent sans doute ici le portrait d’une nouvelle Europe fauchée par la crise et complètement désenchantée et où les nouveaux riches, en l’occurrence un jeune Russe complètement déjanté qui vit avec sorte de poupée gonflable vivante à qui il veut offrir un troisième « nichon », sont la preuve de la folie dévastatrice du monde.

Homme libre, toujours…


La vodka et la bière coulent à flots, souvent de pair, et ce film grinçant met mal à l’aise même s’il se termine (et commence) sur un bateau qui pratique dans la Baltique la pêche industrielle qui ravage les mers. Mais ici pourtant, dans sa cabine étroite, Ágoston semble avoir enfin trouvé un refuge rassurant et protecteur. Mais pour combien de temps, cet homme libre chérira-t-il la mer ?


Fiche du film


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